Madame Mustel avait prédit juste, la réunion marcha à souhait. Le docteur Thoury se mit en frais et multiplia ses amabilités pour plaire à Marguerite, faisant surtout un cas extraordinaire de Lesquen, au point que madame Torcy regarda son frère avec un intérêt inaccoutumé.

Après le dîner, ce fut madame Mustel qui devint l’objet des attentions particulières du docteur Thoury ; confidentiel et respectueux, il se plaça à son côté et l’entretint avec un intérêt affectueux du jeune ménage, exprimant chaleureusement sa satisfaction de l’heureuse circonstance qui l’avait mis en présence de madame Lesquen.

— Et ma fille a été enchantée aussi de vous connaître. J’espère qu’elle ira souvent chez madame Varèze ; c’est une charmante femme dont la fréquentation ne peut lui être qu’agréable.

Avec une affectation assez marquée, le docteur Thoury laissa tomber son monocle, et se baissa pour le ramasser, en homme embarrassé de répondre.

Madame Mustel s’en aperçut et, un peu intriguée, ajouta :

— Vous voyez beaucoup madame Varèze, je crois ?

— Je l’ai beaucoup vue surtout, car je me figure que ses anciens amis vont dorénavant être un peu oubliés. J’avoue n’avoir pas grande confiance pour eux dans l’avenir.

— Et serait-ce indiscret de vous en demander la raison ?

— Au fait, non ; il n’est plus rien pour vous, ni pour personne ici.

— Qui ? Il ?