— Tu souffres, maman ?
— Je suis fatiguée, ma chérie.
Et madame Varèze s’assit d’un mouvement lassé.
Odette s’empressait autour d’elle.
— Tu vas tomber malade, tu t’occupes trop des autres.
Et elle aidait sa mère à se défaire, lui plaçait un coussin sous la tête, lui faisait respirer des sels. Dans un véritable bien-être, une détente exquise, madame Varèze se laissait dorloter.
Odette éprouvait pour l’instant comme une rancune vis-à-vis de d’Estanger ; elle devinait que d’une façon quelconque il avait troublé sa mère, qu’il était cause de l’émotion dont son visage portait l’empreinte ; et pour Odette, sa mère était son bien, sa chose, que nul ne devait agiter… qu’elle-même.
Après un court repos, un abandon complet aux mains d’Odette, madame Varèze réclama sa liberté.
— Je vais changer de robe, faire un peu de toilette, cela me remettra ; et puis, tu sais, il ne faut pas oublier que nous dînons chez madame Bloye ce soir.
— C’est vrai, maman.