Par un effort, Marguerite se calma, essuya les yeux et le front d’Albert, y posa sa main, lui sourit et dit :
— Ne pleure pas, je reviendrai.
Elle se tenait debout, comprenant qu’il lui fallait partir, déjà elle avait entendu sonner la demie… le temps pressait.
Il ne disait rien. Elle murmura doucement :
— Qui reste près de toi ?
— Personne.
— Comment, personne ?
— Je puis appeler. Justin couche dans l’appartement. Du reste, je n’ai besoin de rien.
Elle se tordit les mains dans un paroxysme d’angoisse. Une tentation atroce de rester l’avait saisie ; — il le devinait et la contemplait avec des yeux éclatants. — Puis l’image de l’enfant qui dormait là-bas apparut aux yeux de la mère ; elle allait rentrer, mais elle reviendrait… Les idées vont vite dans de pareils moments : celles de Marguerite se succédaient avec une rapidité vertigineuse ; elle formait des plans, elle organisait, elle prévoyait ; à tout prix elle saurait trouver le moyen de venir auprès de lui. Aucun doute, aucune jalousie de qui que ce fût ne subsistait, elle le sentait sien plus peut-être qu’il ne l’avait jamais été. Immobile, droite, forte, car elle comprenait qu’il était faible, elle se tenait près du lit et sa main légère caressait le drap.
— Quand ? dit-il avec angoisse.