— Maman ! maman !

Et la nourrice, venant à sa rencontre, lui avait dit :

— Voilà un quart d’heure qu’il crie, je croyais que madame l’entendrait ; j’allais juste appeler madame.

Couché dans les bras de sa mère, le petit s’était apaisé aussitôt ; les yeux grands ouverts, il la regardait fixement, et de sa petite main potelée lui caressait le cou et le visage. Il se blottissait comme à l’abri de tout mal, tranquille pendant qu’elle chantait, peu à peu fermant ses yeux, mais les rouvrant et criant dès qu’elle essayait de le remettre dans son lit.

Lesquen, en revenant, le cœur chagrin, avait entendu le son de la voix de la mère chantant pour endormir son enfant. Elle disait des berceuses bretonnes, toutes mystiques et douces, et dans le calme absolu il en percevait les paroles… Ému, il demeura un instant à écouter, puis avec mille précautions avait entr’ouvert la porte. Marguerite, tout en blanc, pâle et les yeux brillants, portait le gros enfant trop lourd pour elle ; le père s’approcha et dit tendrement :

— Laisse-moi le prendre.

— Non ! il crierait.

Et en effet instinctivement l’enfant s’agitait, comme averti qu’on voulait l’enlever des bras de sa mère.

Lesquen comprit que sa présence était inutile, il se coucha ; mais l’heure passait et Marguerite veillait toujours. Il se releva et, avec instance maintenant, essaya de la décider à se reposer.

— Je veux que tu te couches, dit Roger, je le veux. Le petit n’a rien ; je te promets de le promener aussi longtemps qu’il le voudra.