— Je suis venue aujourd’hui parce que j’avais juré sur Yvonne, mais je ne reviendrai plus…
Il ne bougea, ni ne parla.
— Je m’en vais ; adieu, Albert…
Elle continuait son chemin, troublée de ce silence, désarmée de toute volonté. Enfin il l’arrêta d’un geste léger ; elle y obéit aussitôt.
— Adieu, Marguerite ; je n’ai pas le droit de te retenir… je ne te demande rien… je viendrai ici tous les jours… et si tu veux jamais voir le portrait d’Yvonne ?
— Quel portrait ?
— Un portrait très ressemblant que j’ai fait peindre d’après ses photographies et mes souvenirs.
— Où est-il, ce portrait ?
— Chez moi… J’ai gardé l’appartement de ma mère… personne n’y est jamais entré… Est-ce que tu ne veux pas y venir une fois voir ta fille ?
— Je ne puis pas… je ne puis pas… J’espère que vous ne serez pas trop malheureux.