— Je ne vous offense pas, au moins, en vous parlant du passé ?
— Au contraire.
— C’est gentil ce que vous dites là ; mais enfin racontez un peu. Qu’est-ce que vous faites ? Où vivez-vous ? Pourquoi ne vous voit-on pas ?
— Je vis à Paris ; j’ai perdu ma mère il y a six mois. Je suis triste, je ne veux ennuyer personne.
— Vous êtes triste… Et seul alors ?
— Oui, tout seul, absolument seul.
— Eh bien ! il faut venir voir vos anciens amis, on essayera de vous distraire. Ah ! cela nous a fait bien de la peine à tous, votre divorce… Mais vous allez me trouver ridicule ; vous savez, j’ai beau prendre des années, je suis toujours étourdie, je dis malgré moi ce que je pense.
— C’est-à-dire que vous êtes toujours charmante et indulgente.
— Je veux bien. Oh ! je ne suis pas méchante. Pour sûr, je ne me réjouis pas des peines de mes amis, et j’aimais beaucoup Marguerite.
— Vous ne l’aimez donc plus ? pourquoi en parlez-vous au passé ?