— Il est certain que les lois sur le mariage étaient abominables, et le sont encore du reste, reprit madame Bloye de sa voix claire.

— Très bien, très bien ! dit M. Despasse.

— Mon ami, les gens comme vous, comme mon mari ne comptent pas, et même les lois ne leur sont aucunement nécessaires ; mais pour les autres, pour les méchants, et ils sont nombreux, il faudra bien arriver à trouver quelque chose de mieux que ce qui existe actuellement. Dans ma vie j’ai vu des choses atroces.

— C’est la maison de l’illusion ici ; je le dis toujours à madame Varèze, répondit le docteur.

— Je veux bien ; j’adore mes illusions, je les garde.

— Ainsi madame Varèze est persuadée que toutes les femmes sont bonnes mères.

— Taisez-vous, c’est affreux ce que vous dites.

— Relativement, il y a peu de bonnes mères, dit madame Bloye. D’après mon observation, la plupart des enfants, bêtise ou indifférence des parents, sont des victimes.

— Je ne veux pas entendre ces choses-là !

— Mais si c’est la vérité, maman ? dit Odette levant sa jolie tête.