— Vous avez raison.
Il mit quelque chose de si intense dans son expression que l’oreille de madame Varèze en fut un peu étonnée. Gracieuse, elle se tourna vers M. Bloye qui jouissait à sa manière d’être là.
— Eh bien, philosophe, vous ne nous dites pas votre opinion sur les plaisirs de la table ? Est-ce la nôtre ?
— Oui, dit M. Bloye, tout ce qui entretient la bienveillance entre les hommes est utile : la table bien servie a sa place dans la cité.
— Êtes-vous sûr que la table entretient la bienveillance ? demanda le docteur Thoury. J’ai connu une femme qui aurait vécu en paix avec son mari si elle n’avait été forcée de prendre ses repas avec lui. Il a une manière de tenir sa fourchette qui l’exaspère.
— Elle ne requiert pas le divorce ? dit M. Despasse ironiquement.
— Elle y pense.
— L’abus du divorce est déplorable, dit madame Bloye, mais néanmoins aucune mesure n’était plus urgente.
— Vous êtes dans le vrai, madame, dit Thoury.
Madame Varèze écoutait, un peu mal à l’aise, mais comprenant que toute intervention serait maladroite.