Et le plus galamment du monde il s’inclina.
Odette, gracieuse et gentille, conduisit Madame Lesquen jusqu’à la porte de l’escalier.
Marguerite dut s’avouer que l’accueil avait été parfait, et pourtant il lui laissa un sentiment de malaise. Elle regretta presque sa démarche ; maintenant elle s’était avancée, il serait impoli de reculer ; elle était forcée d’accepter les amabilités de madame Varèze et de les rendre, et cette idée l’attrista… Autrefois, avec Albert… Mais elle s’interdit de penser à autrefois. Sous sa voilette, cependant, deux larmes glissèrent ; elle les essuya avec précaution.
XXII
— Maman, dit Odette, lorsque la dernière visite fut partie, comment feras-tu pour recevoir madame Lesquen ?
Madame Varèze, plus agitée qu’elle ne voulait le paraître, répondit :
— M. d’Estanger ne vient jamais à notre jour. J’étais si liée autrefois avec Marguerite qu’il m’est impossible de lui faire mauvais accueil.
— Il ne me semble pas qu’on puisse demeurer amis avec les deux.
— C’est affreux pourtant, et très injuste. Du reste, je suis persuadée que Marguerite ne m’en voudrait aucunement de recevoir son mari. Elle aimait beaucoup ce pauvre garçon.
— C’est possible, mais aujourd’hui elle a un autre mari.