Marguerite était flattée ; elle n’avait jamais pensé à être fière de son mari, et son visage montra un épanouissement inaccoutumé. Tout d’un coup, il lui sembla entendre dans le groupe près de la porte prononcer le nom d’Estanger. Elle s’imagina aussitôt qu’on parlait d’elle dans le passé ; elle en fut émue et saisie, et son expression s’altéra. Le docteur Thoury qui avait surpris la cause de cette émotion observait curieusement la jeune femme qui dut faire un effort violent sur elle-même pour conserver une contenance souriante.
Madame Varèze revenait avec deux nouvelles arrivées, et Marguerite en profita pour se lever.
— Comment, si tôt ? plaida madame Varèze en essayant de la faire rasseoir, oh ! non !
Mais Marguerite insista :
— J’ai donné rendez-vous à maman.
— Oh ! ce n’est pas gentil. Promettez-moi que vous resterez plus longtemps la première fois que vous viendrez.
— Mais volontiers, et j’espère, Louise, vous voir bientôt avec Odette.
— Vous pouvez y compter. Embrassez l’amour de Maxime pour moi.
Le docteur Thoury serra tout à fait amicalement la main que Marguerite lui tendait.
— Dites bien à Lesquen que son vieux maître ne l’a pas oublié, et qu’il lui fait compliment sur sa jolie femme. Je suis ravi, madame, d’avoir eu l’honneur de vous rencontrer.