L’étude géologique, et surtout minière, du Cameroun, n’a été que commencée et promet des résultats intéressants.

Les moyens de transport varient avec les régions. La zone côtière est desservie par deux chemins de fer, l’un de 160, l’autre de 180 kilomètres actuellement, ce dernier prolongé, on l’a vu, de plus de cinquante kilomètres encore par une voie Decauville ; elle possède aussi des routes nombreuses, généralement en très bon état. Plus au Nord, on emploie le portage à dos d’homme. A partir de Ngaoundéré, la région de la mouche tsétsé, dont la piqûre est si redoutable à certains animaux, étant franchie, le voyageur a la faculté de remplacer par un cheval le tippoy, dont j’ai déjà parlé.

Les facilités d’exportation, nombreuses déjà pour la région côtière, sont malheureusement insuffisantes pour le reste de la Colonie.

La densité moyenne de la population est d’environ huit au kilomètre carré, avec un minimum de trois dans la région de Tibati, et un maximum de dix-huit, vingt même dans celle de Maroua. Je rappelle qu’elle est en France de soixante-quinze, et au Soudan de trois à peu près. Mais les résultats des recensements coloniaux, jusqu’à présent, sont restés, en maint endroit, sensiblement au-dessous des chiffres réels.

Ces indications ne sauraient, bien entendu, être considérées comme un exposé complet. Elles n’ont d’autre objet que de donner une idée générale, une vue d’ensemble, et de répondre par avance à certaines questions qui se poseront, au cours de mon récit, dans l’esprit des personnes qui en poursuivront la lecture.


CHAPITRE III

DE YAOUNDÉ A YOKO

J’ai passé encore un jour à Yaoundé. Puis, M. Carde, qu’accompagnaient Mme et Mlle Carde, a eu l’amabilité de m’emmener en automobile jusqu’à la Sanaga, à 70 kilomètres de là. Nous y avons déjeuné gaiment. Le fleuve, à l’endroit où nous l’avons traversé, a environ 400 mètres de large. Il est coupé, en amont, par les chutes de Nachtigall, dont les cinq rapides roulaient tout près de nous, entre des îlots boisés, une eau écumeuse. A deux heures, mes hôtes ont repris le chemin du chef-lieu. Ma vie de nomade allait commencer.

Je me suis rappelé parfois, durant ma route, les roses, les citronnelles, les ombrages, l’atmosphère paisible et champêtre de Yaoundé. Cependant, qu’on ne s’y méprenne pas ; si ces riantes allées, ces belles fleurs, cette claire verdure ménagent, au voyageur qui passe, un séjour dont il ne s’éloigne qu’à regret, le sédentaire, officier, fonctionnaire ou colon, a vite épuisé le charme de ce perpétuel sourire de la nature ; et la carrière du colonial à poste fixe, on ne le sait pas toujours assez en France, comporte des renoncements dont beaucoup méritent d’être appelés sacrifices, et, tout au moins, commandent l’estime.