Ces complications se répètent presque à chaque arrêt, depuis Mousgoum. Mais, même devant des faits de ce caractère, et tout en imposant, bien entendu, sa volonté, il ne faut pas se hâter de sévir durement. On s’exposerait à être injuste. La mentalité des indigènes n’est pas harmonique de la nôtre. Les déductions qui, vis-à-vis d’un Européen, nous conduiraient infailliblement à la vérité, risquent ici de nous mener droit à l’erreur.
Savoir ce qu’on veut, le vouloir avec froideur, avec fermeté, et n’avoir d’abord qu’un seul objectif : l’obtenir. Ensuite on punit si, pour l’exemple, il est nécessaire de punir ; mais de manière à frapper l’imagination plutôt que l’individu. Ces gens sont craintifs, bornés et rudes ; encore n’ont-ils pas de vraie méchanceté, et des circonstances atténuantes, qu’ils ne savent pas toujours plaider, — qu’ils n’osent pas toujours exposer — s’attachent le plus souvent aux fautes que nous avons à leur reprocher.
Surtout, pas de colère, pas d’excès, pas de concession instinctive au besoin de détendre ses nerfs. Certaines mesures de force ne sont, devant la conscience, que des actes de faiblesse. Au surplus, les Africains perçoivent, avec beaucoup de finesse, tout ce qu’il y a de vulgarité dans la véhémence, et se départir de son calme est le meilleur moyen de se déconsidérer à leurs yeux.
Les cases curieuses que construisent les Massas, photographiées au village de Pous, sur le fleuve Logone.
Girafe abattue près de Motokaba, dans la région de l’Aouk.
A droite, Paki. A gauche, Somali.