A la petite brousse succède bientôt une végétation plus riante ; une herbe verte comme du gazon, encore si courte qu’elle semble rasée, tapisse agréablement un sol plan où de gros arbres mettent de nombreuses taches d’ombre. Le tronc de beaucoup d’entre eux s’enchâsse jusqu’à deux et trois mètres dans l’argile jaune d’une termitière ; des lianes, des broussailles s’élancent de leur pied pour rejoindre en désordre leurs premières branches.

Nous observons, chemin faisant, des empreintes de girafes et d’autres empreintes de buffles, mais toutes de la veille.

Un hippopotame, tué quelques heures plus tôt, est ramené au rivage pour y être dépecé.

([Page 172.])

Femmes Saras à soundous, dans la région de Kiya-bé.

(Pages [174] et [406.])

Quoique nous marchions très rapidement, il ne semble pas que nous gagnions de terrain. Je commence à désespérer, quand, vers 10 heures, Do et Somali, qui me précèdent, s’arrêtent brusquement, reculent d’un pas et se baissent. Somali, sans parler, vite, me passe mon fusil et me montre un point, devant lui.

Je regarde, mais il y a, à une quinzaine de mètres, derrière un arbuste aux branches étalées, une grosse termitière qui me bouche la vue.