Mais, à propos, hier, au Parnasse,

De sonnets Phébus se mêla;

Et l'on dit que, de bonne grâce

Il s'en plaignit, il en parla:

J'aime les vers uraniens,

Dit-il; mais je me donne au diable

Si, pour les vers des jobelins,

J'en connais de plus misérables.

(Conférez Sallengre, Mémoires de littérature, 1715, in-12, t. I, p. 127 à 134.)

Le mot jobelin n'a jamais été admis dans le Dictionnaire de l'Académie française; du moins il ne se trouve ni dans la première ni dans la dernière édition; il ne se trouve pas non plus dans le dictionnaire de Trévoux. Cependant Richelet l'avait inséré dans le sien, publié en 1680, et l'avait ainsi défini: «Jobelin, s. m., manière de c***. C'est un jobelin.» Boiste, de nos jours, l'a aussi inséré dans son lexique, avec la signification que lui donne madame de Sévigné, un niais, un sot; il le donne comme synonyme d'homme patient comme Job, et il cite Rabelais. Alors l'emploi de ce mot serait, dans notre langue, plus ancien que le sonnet de Job; et cela est certain, car je trouve jobelin dans le Dictionnaire anglais de Randle Cotgrave (1632) avec la signification que lui donne madame de Sévigné: Jobelin a sot, gull, doult, asse, cokes. Ainsi l'Académie a eu tort de ne pas admettre ce mot, qui n'a jamais cessé d'être en usage dans le langage familier.