Les Arabes distinguent comme les Grecs trois espèces de nombres, le singulier, le pluriel et le duel, ou nombre deux.

Le duel n’est point usité dans l’arabe vulgaire; il a seulement lieu dans l’arabe savant ou littéral, où il est employé tant dans les noms que dans les verbes.

Sa forme dans les noms est simple; elle consiste à ajouter au nom singulier la finale ân pour le nominatif, et ain pour les génitif et accusatif, tant au masculin qu’au féminin.

EXEMPLE.

rađjol, un homme, rađjol-an, deux hommes.
Gén., acc., dat. rađjol-ain, de deux hommes.

madinat, une ville, madinat-an, deux villes.
Gén, acc., dat. madinat-ain, de deux villes.

A l’égard des singulier et pluriel, masculin et féminin, nous avons vu dans le paragraphe des genres comment ils se composent pour les participes et les adjectifs; et comment les finales ωn, în, ân, at, at forment les pluriels masculins et les féminins singuliers et pluriels. Ce sont-là en quelque sorte les seuls noms qui conservent de la régularité: quant aux noms substantifs, la presque totalité, tant masculins que féminins, ne suit aucune règle constante ni uniforme pour passer du singulier au pluriel; au contraire ils se replient de manières si diverses et si singulières, que c’est-là une des plus grandes difficultés pour les novices dans la langue.

Les grammairiens ont pris la peine d’en former vingt-deux classes; mais cette multiplicité, loin d’éclaircir le sujet, ne fait que l’embrouiller, et il vaut mieux s’en tenir à la pratique, et apprendre à mesure du besoin le pluriel de chaque mot.

Nous allons cependant donner quelques exemples qui serviront à prouver cette vérité, et à donner une idée de cette difficulté.

EXEMPLE.