Si les trois sont voyelles, le verbe est complètement irrégulier.

Or la raison de cette irrégularité procède de ce que les voyelles mineures ou intercalées, variant selon les temps et selon les formes actives ou passives des verbes, les voyelles majeures qui en sont affectées varient aussi, et les trois â, ï, ω, se changent de l’une en l’autre, ou même disparaissent entièrement; ce qui nous les fera souvent désigner par le nom de voyelles éclipsées et éclipsantes. L’ảin ne s’éclipse jamais; il devient seulement ĕ ou ỏ, selon qu’il est frappé des voyelles mineures e, o.

Si l’une de ces trois voyelles â, ï, ω, se trouve au milieu de la racine, c’est-à-dire entre deux consonnes, le verbe s’appelle verbe creux, parce que non-seulement la voyelle change dans les formes diverses du temps, mais parce qu’elle s’efface entièrement dans quelques-unes, et laisse pour ainsi dire vide l’espace entre des deux consonnes.

EXEMPLE.

qâl, il a dit; ïaqωl, il dit.

Impératif, qol, dis.

Cet exemple indique la manière dont se conjuguent tous les verbes arabes. On appelle d’abord le passé, puis le futur ou présent, enfin l’impératif et le participe; et l’on commence par la troisième personne, lui, pour finir par notre première moi: il a dit, tu as dit, j’ai dit, c’est-à-dire, l’inverse de notre usage.

L’exemple d’une conjugaison va rendre tous les préceptes généraux plus sensibles que nous ne le pourrions faire de toute autre manière.

Conjugaison du Verbe régulier.

naʓar, il a vu.