zâd cependant ne fait pas ïazωd, mais ïazîd, et en cela il suit la règle d’une foule de verbes qui, à la seconde radicale du présent, prennent le kesré ِ ou petit e, comme kaʆar il a brisé, ïakʆer il brise.... et il en résulte pour tous les verbes qui ont â pour seconde radicale, l’équivoque de savoir s’ils tournent en ω ou en î: l’usage et le dictionnaire peuvent seuls l’enseigner.
Enfin si la troisième radicale est une voyelle, c’est encore la petite voyelle supplétive qui la régit. Cette petite voyelle ne se montre point dans l’arabe vulgaire, qui dit simplement naʆar, ïanʆor; mais elle existe dans le littéral, qui écrit et prononce naʆara, ïanʆoro.
La troisième radicale étant voyelle sera donc généralement affectée d’a, c’est-à-dire sera toujours â au prétérit actif; mais elle pourra tourner au présent et au futur tantôt en ω, et tantôt en î, attendu qu’il y a une quantité de verbes où elle est î. C’est pour les indiquer que j’ai imaginé de marquer de deux points ä, l’a final qui représente cet ï.
EXEMPLE.
| ramä | il a jeté, | ïarmî | il jette. |
| malä | il a rempli, | ïamlî | il remplit. |
Les verbes en ω font:
| γaza | il a attaqué, | ïaγzω | il attaque. |
| ħala | il a été doux au goût, | ïaħlω | il est doux au goût. |
La voyelle ảïn subit des changemens analogues à ceux que nous venons de voir, quoique les grammairiens l’aient voulu conjuguer régulièrement, et que même ils aient établi le verbe fảl pour modèle de la première conjugaison; mais leur erreur en ce point se rend sensible, et par l’écriture, et par la prononciation, qui s’accordent à prouver que l’ả se modifie en ĕ et en ỏ, selon qu’il est affecté de domma ou de kesré.
EXEMPLE.
ảzal il a destitué, devient au passif ỏzel il a été destitué.