2o Par la préposition -Be-, qui signifie dans, parmi, par exemple: QoTωN Be-GωiM, petits parmi les nations ou dans les nations—BωGDIM B’ADaM, perfides entre les hommes.
3o En prenant le nom de Dieu pour terme de comparaison. Par exemple: aṣiïeHωH, les arbres de Dieu, c’est-à-dire les hauts comme lui. TaRDaMaT ieHωH, sommeil de Dieu, c’est-à-dire profond.—HiTaT ALeHiM (ou ELaHiM), une terreur des Dieux, pour dire extrême. Ils disent des luttes des Dieux, pour dire très-grandes.—ARZi AL, cèdres de Dieu, pour dire très-élevés.
4o Ils disent: ăBD ăBDIM, esclave des esclaves, pour dire le plus bas.—NeŠiA NeŠiAi He Lωi, le prince des princes de Lévi, c’est-à-dire le chef suprême des Lévites.—ELaHI H’ELaHiM, le Dieu des Dieux.
Toutes leurs répétitions de substantifs, vanité des vanités, flamme des flammes, pleurs des pleurs... signifient excès de la chose. Certains esprits, parmi nous, trouvent cela très-beau; pour moi, je n’y vois que des formes enfantines populaires, plus sensibles dans les exemples suivans:
5o H’ADoM H’ADoM, roux, roux, pour dire très-roux,—Ră, Ră, mauvais, mauvais, pour dire très-mauvais.—QᴏDωŠ, QᴏDωŠ QᴏDωŠ, pour dire très-saint. N’est-ce pas là un vrai jargon d’enfant?
6o Enfin on prend pour superlatif la forme suivante: ANi ŠaLωM, moi (je suis la) paix, pour dire je suis très-pacifique.—KI ҤaMDωT ATaH, car les désirs tu (es), pour dire très-désirable.
Quelques-unes de ces formes-ci ne nous sont pas étrangères; mais aucune ne porte le vrai caractère superlatif de notre expression le plus de tous. En général, comme plusieurs tournures hébraïques n’existent point dans nos langues d’Europe, et qu’un grand nombre des nôtres n’existe point non plus dans la leur, les interprètes ont mal-à-propos pris pour équivalens et pour phrases analogues, des mots et des phrases qui n’ont point d’exacte ressemblance, et il valait mieux très-souvent s’en tenir au littéral.
Assez régulièrement l’adjectif se met, comme en français, après le substantif; par exemple: BeN HaKaM iaŠṢaҤ AB: enfant sage, réjouira père.
Et cependant il n’est pas rare de voir l’adjectif précéder le substantif; on en a vu plusieurs exemples dans ce qui précède.
On veut regarder comme élégantes certaines locutions; par exemple: lorsque Isaïe dit, toutes les bêtes dans la forêt, au lieu de dire, toutes les bêtes sauvages, ou littéralement forestières (sylvestres); il n’y a là qu’une disette de ces formes adjectives qui font la richesse de nos langues.