NosCLASSES.
11re m-a.
2b-é.
3p-o.
42e w-a belge.
5v-é.
6f-i.
73e d-a.
8t-é.
94e n-a.
10ñ-é espagnol; gn français, italien; ing, anglais.
11ng-a. (indien.)
125e l-a.
13ll-é.
146e l barré polonais.
15ar anglais.
16r-o.
177e z-ed.
18s-a.
198e th anglais doux (those).
20th anglais dur (thick), thêta grec.
219e j-a.
22ch-in. Sh, angl.; sch, allem.; sci, ital.; x, port.; sz, pol.
2310e gué, g mouillé.
24k-é mouillé.
2511e ga g dur.
26co c dur.
2712e grasseyement doux, γαμμα grec.
28grasseyement dur.
2913e ich allemand.
30jota espagnol; ch allemand; χ grec.
3114e he aspiration douce.
32ha aspiration dure, ca florentin.
No II.Face à la page 90.

On peut s’étonner que les Anglais, de race teutonique, n’aient point l’usage du ch allemand; mais Wallis[36] nous avertit que cet usage a existé, et, pour preuve, il cite un nombre de mots anglais où le gh remplace le ch allemand: par exemple, night, right, light, fight, daughter, au lieu de nacht, recht, licht, fecht, dochter, etc. Il est clair qu’à l’époque où s’introduisit une telle orthographe, il y eut motif de peindre ainsi un son alors existant, mais perdu depuis.

[36] Grammat. linguæ anglic. Page 82.

Quant à la valeur de , donnée aujourd’hui à gh, dans enough (enof), cough (cof), cette permutation se retrouve presque semblable dans l’espagnol, où le représente quelquefois l’aspiration forte, et même la faible: on y dit albufera, pour l’arabe albůhaira (un lac); et par inverse, hierro, pour le latin ferro; c’est-à-dire qu’en divers lieux, l’on a également tâché d’imiter un sifflement qui n’était pas bien distinct à l’oreille, par quelque chose d’analogue, qui lui fût connu: ce qui tous les jours se passe sous nos yeux en devient une preuve; car lorsque le chat entre en colère, il donne le change à notre oreille, qui croit entendre fot, fot, comme venant des lèvres, tandis que c’est de la gorge que vient ce bruit, véritable jota. C’est encore par quelque analogie de sifflement à sifflement qu’il y a eu quelquefois permutation de l’h avec l’s; ainsi le mot Ἅλς de certaines tribus grecques, prononcé avec aspiration, devint le mot sal (le sel) de quelques autres tribus colonisées en Italie[37]: les mots yper et yperbos devinrent super et superbos, etc. Notez que y se trouve ici rendu dans le plus ancien latin par u qui n’est pas i, comme le veulent les Grecs modernes. Il est remarquable encore que dans l’ancien idiome scythique, appelé sanscrit, avec lequel le grec et le latin ont de nombreuses analogies, l’addition de la lettre sifflante s est d’un usage fréquent au commencement des mots, comme pour leur donner plus de grace. L’introduction de l’r, qui s’y pratique aussi dans le corps des mots mêmes, est une autre indication d’énergie et de contraction dans la fibre, qui cadre très-bien avec l’origine présumée de ce peuple.

[37] Et du mot sal, signe d’hospitalité, est venu le mot sal-us, salutation de celui qui la demande ou qui la donne.

Désormais, munis de la connaissance de toutes les voyelles et consonnes des langues d’Europe, nous allons nous en faire un instrument sûr et commode pour apprécier et classer les prononciations de l’Asie, et obtenir par ce moyen l’alfabet le plus général que l’on ait dressé jusqu’à ce jour.


CHAPITRE IV.