(Voyez ma définition des consonnes, [page 11].)

«La conséquence de ceci est qu’une articulation n’a par elle-même aucune durée, et ne peut être entendue que conjointement avec un son: ainsi quand nous prononçons ba, on entend en même temps l’articulation produite par le jeu des lèvres qui opposaient une résistance à la sortie de l’air, et le son a.

«L’aspiration plus ou moins forte est comprise avec raison parmi les articulations.

«La réunion d’une articulation et d’un son, forme un son articulé. (C’est la syllabe.)

«2o Les élémens de l’écriture, destinés à représenter ceux de la parole, sont, comme ceux-ci, divisés en deux classes: les uns peignent les sons, les autres les articulations.

«3o On donne aux sons et aux signes dont on se sert pour les représenter, le nom de voyelles. Les articulations, et les signes par lesquels on les représente, sont nommés consonnes.» (Ceci peut introduire des équivoques et des confusions.)

«4o Chez le plus grand nombre des peuples, les signes qui représentent les sons, et ceux qui peignent les articulations, sont de la même espèce; ils sont compris les uns et les autres sous la dénomination commune de lettres.» (Jusqu’ici, à cela près des expressions, je suis d’accord avec M. de Sacy, sur les principes; maintenant viennent les divergences.)

«Il est néanmoins des peuples, tels que les Hébreux, qui n’écrivent que les consonnes.

(Je demande au savant professeur de nous prouver cette assertion: l’école savante des Buxtorf y a complètement échoué.)

«Lorsque les Hébreux veulent peindre les voyelles, ils emploient pour cela des figures qui ne se placent point dans la série des consonnes, mais au-dessus ou au-dessous de ces lettres.»