ac-tsa-rou|
akh-ba-rou,
et cela quand le corps du mot est akţar, aχbar, plus le ou final (domma) dans le littéral, mais qui ne se dit point dans le vulgaire. En lisant ac-tsa-rou-n’ na-si, ne peut-on pas croire que na-si appartient au verbe na-sä, iansi, oublier? Pourquoi au mot nas incorporer le kesré i, qui n’est que le signe savant de son génitif? Les mêmes vices se répètent dans zan-doub’ nou ’l-djou-nï, dont la véritable syllabation est zandou ebnou el djouni. Là du moins on reconnaît le texte. Il ne faut pas s’étonner si, avec tous les vices de leur orthographe, nos orientalistes soutiennent qu’il vaut mieux apprendre l’arabe en son propre système que dans le leur. Voyons les effets de la méthode que je propose: je vais écrire à ma manière le même texte: je prie le lecteur de se rappeler 1o que mon χ n’est pas iks, mais jota, et qu’à défaut de la vraie prononciation, il faut plutôt dire ahbar que aksbar;
2o Que a romain est alef pur; et a italique fat’ɦa, que ɐ ou ē long est alef par kesré; que ů pointé est ou bref, domma, etc.
Le corps de ma ligne figure le texte arabe si exactement, qu’avec mon tableau de comparaison on peut restituer le texte arabe.
J’ai placé en dehors de ce corps les finales scientifiques, exprimant les cas dans l’ancien arabe, comme les finales latines us, a, um. Elles n’ont plus lieu dans l’arabe actuel; en les négligeant, le lecteur sera bien compris du vulgaire. J’ai distingué tous les mots, parce que leur liaison, enchaînée telle qu’on l’a vue dans l’exemple ci-dessus, forme un chaos inintelligible. Si l’on objecte que l’arabe s’écrit sans points ni virgules, je répondrai qu’en apprenant l’arabe, un Européen n’est point obligé d’en épouser les absurdités. (Notez qu’en cette lecture u vaut ou.)
| aχbaru | abi důlâmaha, | ωa | nasabu | hu. |
| Historia | Abi‑Dulamati | et | stirpis | ejus. |
| abω‑dωlamata | zandu | ben (ou ebn) | el ɠωni; |
| Abû‑Dulamatus | Zandus | filius (fuit) | Djûni; |
| ωa | akţaru | el | nasi | ïůṣaɦɦefu | esma | hu[75]. |
| major (pars) hominum | et | adulterat | nomen | ejus. | ||
[75] «Histoire d’Abi-Doulamah et de son origine (ou de sa famille). Abou-Doulamah (dit) Zand, était fils de Djoûni. La plupart se trompent sur son (vrai) nom.»
Si l’on compte le nombre de mes lettres, y compris les finales, on en trouvera quatre-vingt-une. La méthode vulgaire en donne quatre-vingt-quatorze, c’est-à-dire au-delà d’un septième plus que le texte arabe. Continuons encore quelques lignes.