Le no V exprime le đ dur: nous l’avons distingué du d doux, en lui attachant au sommet de la tige un ligament qui tient de l’o; ce qui convient d’autant mieux, que ce đ, dans sa prononciation, semble imprimer le son d’o à toutes les voyelles qui l’approchent.
La même observation a lieu pour les trois autres consonnes ȶ dur, no VII; ʓ dur, no XI; ʆ dur, no XIII; aussi leur attachons-nous le même signe, et dans leur dénomination les distinguons-nous par la voyelle o qui les suit et qui retrace leur caractère[121].
[121] La planche gravée indique la manière de tracer ces signes distinctifs, d’une manière courante dans l’écriture. (Voyez pl. Ire.)
Le no VIII représente le ȥal. Les Égyptiens et les Syriens lui substituent tantôt d, tantôt z, comme nous l’avons dit: il suffira de savoir que partout il sera peint par notre ȥ barré, comme l’on voit dans le tableau, sauf à le prononcer selon l’usage des lieux.
Le no IX est le θêta grec que nous adoptons sans altération comme une lettre simple et commode, sauf encore à la prononcer t ou s, à la manière des Syriens et des Égyptiens; car ils prononcent etnân pour eθnân, deux.
Le no XII est notre s, qui jamais ne doit prendre dans l’arabe le son de z que nous lui donnons dans rose, close.
Le no XIV, đj, a l’inconvénient de porter deux lettres à-la-fois, mais les Arabes les font sentir très-distinctement; et l’on ne peut employer ici le g italien, parce que devant a, o, ω, il faudrait ajouter un i; que si l’on prononçait ga, go, à la manière des Égyptiens, il faudrait ajouter u devant é et i, pour faire gué, gui, ce qui romprait la simplicité que l’on doit se proposer. Nous avons remédié à cet inconvénient par la forme liée de la lettre đj qu’il faut prononcer dgé.
Le no XV est une lettre nouvelle pour peindre notre consonne ch. Chez tous les peuples d’Europe cette consonne a le double défaut d’être peinte par des lettres multiples et diverses. Les Anglais la peignent par sh; les Allemands par sch; les Polonais par sz; les Italiens par sci; nous par ch; et cela par la raison que les Grecs et les Romains n’ayant point cette consonne, les Barbares du Nord qui leur ont succédé n’ont pas eu l’art d’ajouter une lettre à leur alfabet. Il eût été à désirer que l’on pût adopter le ش arabe, mais dans notre écriture à la main il se confondrait avec l’m. Nous avons donc préféré d’imaginer un signe nouveau, et celui que nous adoptons a le double mérite de conserver des rapports avec la lettre arabe, et même avec le ja qui est sa consonne mineure, puisque le ῳ est composé du jambage j dans son milieu, avec seulement deux ailes latérales: pour le bien former dans l’écriture, voyez la planche no Ier.
Nous n’avons pas la même peine pour l’r grasséyé, no XXI, parce que le γ des Grecs l’exprime exactement; car les Grecs ne prononcent pas gamma, mais ramma, en grasséyant l’r.
Pour le no XX, nous adoptons le χ grec qui ne doit pas se prononcer iks; mais comme le jota espagnol et le ch allemand: lorsque la prononciation ks se trouvera en arabe, nous la peindrons par ks, qui est un signe composé et divisible comme elle.