Pag. [102], lig. 17. (L'idée de liberté contient essentiellement celle de justice, qui naît de l'égalité.) Les mots retracent eux-mêmes cette connexion; car æquilibrium, æquitas, æqualitas sont tous d'une même famille, et l'idée de l'égalité matérielle, de la balance, est le type de toutes ces idées abstraites. La liberté elle-même, bien analysée, n'est encore que la justice: car si un homme, parce qu'il se dit libre, en attaque un autre, celui-ci, par le même droit de liberté, peut et doit le repousser; le droit de l'un est égal au droit de l'autre: la force peut rompre cet équilibre, mais elle devient injustice et tyrannie de là part du plus bas démocrate, comme de celle du plus haut potentat.

Pag. [116], lig. 15. (Et cette religion (de Mahomet) n'a cessé d'inonder de sang la terré.) Lisez l'histoire de l'islamisme par ses propres écrivains, et vous vous convaincrez que toutes les guerres qui ont désolé l'Asie et l'Afrique depuis Mahomet, ont eu pour cause principale le fanatisme apostolique de sa doctrine. On a calculé que César avait fait périr trois millions d'hommes: il serait curieux de faire le même calcul sur chaque fondateur de religion.

Pag. [119], lig. 21. (Et cent autres sectes.) Lisez à ce sujet le Dictionnaire des hérésies, par l'abbé Pluquet, qui en a omis un grand nombre; 2 vol. in-8º, petit caractère.

Pag. [122], lig. 3. (Et les Parsis se diviseront.) Les sectateurs de Zoroastre, nommés Parsis, comme descendants des Perses, sont plus connus en Asie sous le nom injurieux de Gaures ou Guèbres, qui veut dire infidèles; ils y sont ce que sont les Juifs en Europe. Môbed est le nom de leur pape ou grand-prêtre. Voy. Henri lord Hyde, et le Zend-avesta, sur les rites de cette religion.

Ibidem, lig. 26 (Brahma... réduit à servir de piédestal au lingam.) Voy. le tome Ier in-4º du Voyage de Sonnerat aux Indes.

Pag. [124], lig. 13. (Le Chinois l'adore dans Fôt). La langue chinoise n'ayant ni le B ni le D, ce peuple a prononcé Fôt ce que les Indiens et les Persans prononcent Bodd, ou Boùdd (par bref). Fôt, ou Pégou, est devenu Fota et Fta, etc. Ce n'est que depuis peu d'années que l'on commence d'avoir des notions exactes de la doctrine de Boudd et de ses divers sectaires: nous devons ces notions aux savants anglais, qui, à mesure que leur nation subjugue les peuples de l'Inde, en étudient les religions et les mœurs, pour les faire connaître. L'ouvrage intitulé Asiatick Researches est une collection précieuse en ce genre: on trouve dans le tome VI, pag. 163, dans le tome VII, pag. 32 et pag. 399, trois mémoires instructifs sur les Boudistes de Ceylan et de Birmah ou Ava. Un écrivain anonyme, mais qui paraît avoir médité ce sujet, a publié dans l'Asiatick journal de 1816, mois de janvier et suivants, jusqu'en mai, des lettres qui font désirer de plus grands développements. Nous reviendrons à cet article dans une note du chapitre xxi.

Ibidem, lig. 29. (Le sintoïste nie l'existence.) Voyez dans Kempfer la doctrine des sintoïstes qui est celle d'Épicure mêlée à celle des stoïciens.

Pag. [125], lig. 4, (Le Siamois, l'écran talipat à la main.) C'est une feuille de palmier latanier; de là est venu aux bonzes le nom de Talapoin. L'usage de cet écran est un privilège exclusif.

Ibidem, lig. 9. (Le sectateur de Confutzée cherche son horoscope.) Les sectateurs de Confucius ne sont pas moins adonnés à l'astrologie que les bonzes: c'est la maladie morale de tout l'Orient.

Ibidem, lig. 13. Le Dalaï-Lama, ou l'immense prêtre de La, est ce que nos vieilles relations appelaient le prêtre Jean, par l'abus du mot persan Djehân, qui veut dire le monde. Ainsi le prêtre Monde, le dieu Monde, se lient parfaitement.