Dans une expédition récente, les Anglais ont trouvé des idoles des lamas qui contenaient des pastilles sacrées de la garde-robe du grand-prêtre. On peut citer pour témoins Hastings, et le colonel Pollier, qui a péri dans les troubles d'Avignon. On sera bien étonné d'apprendre que cette idée si révoltante tient à une idée profonde, celle de la métempsycose, qu'admettent les lamas. Lorsque les Tartares avaient les reliques du pontife (comme ils le pratiquent), ils imitent le jeu de l'univers, dont les parties s'absorbent et passent sans cesse les unes dans les autres. C'est le serpent qui dévore sa queue; et ce serpent est Boudd ou le monde.

Pag. [126], lig. 12. (Qui adorent un serpent dont les porcs sont avides.) Il arrive souvent que les porcs dévorent des serpents de l'espèce que les nègres adorent, et c'est une grande désolation dans le pays. Le président de Brosses a rassemblé, dans son Histoire des Fétiches, un tableau curieux de toutes ces folies.

(Voilà le Teleute) Les Teleutes, nation tartare, se peignent Dieu portant un vêtement de toutes les couleurs, et surtout des couleurs rouge et verte; et parce qu'ils les trouvent dans un habit de dragon russe, ils en font la comparaison à ce genre de soldat. Les Égyptiens habillaient aussi le dieu Monde d'un habit de toutes couleurs. Eusèbe, Prep. evang., p. 115, lib. 111. Les Teleutes appellent Dieu Bou, ce qui n'est qu'une altération de Boudd, le dieu Œuf et Monde.

(Voilà le Kamtschadale.) Consultez à ce sujet l'ouvrage intitulé Description des peuples soumis à la Russie, et vous verrez que le tableau n'est point chargé.

Pag. [140], lig. 28. (Votre système porte tout entier sur des sens allégoriques.) Quand on lit les Pères de l'Église, et que l'on voit sur quels arguments ils ont élevé l'édifice de la religion, l'on a peine à comprendre tant de crédulité ou de mauvaise foi; mais c'était alors la manie des allégories: les païens s'en servaient pour expliquer les actions des dieux, et les chrétiens ne firent que suivre l'esprit de leur siècle, en le tournant vers un autre côté. Il serait curieux de publier aujourd'hui de tels livres, ou seulement leurs extraits.

Pag. [144], lig. 24 (Les Juifs devinrent nos imitateurs, nos disciples.) Voy. à ce sujet le tome Ier des Recherches nouvelles sur l'Histoire ancienne, où il est démontré que le Pentateuque n'est point l'ouvrage de Moïse: cette opinion était répandue dans les premiers temps du christianisme, comme on le voit dans les Clémentines, homélie i, §51, et homélie viii, §42; mais personne n'avait démontré que le véritable auteur fût le grand-prêtre Helkias, l'an 618 avant J. C.

Pag. [146], lig. 5. (Tant de choses analogues aux trois religions.) Les Parsis modernes et les Mithriaques anciens, qui sont la même chose, ont tous les sacrements des chrétiens, même le soufflet de la confirmation. «Le prêtre de Mithra, dit Tertullien, De præscriptione, c. 40, promet la délivrance des péchés par leur aveu et par le baptême; et, s'il m'en souvient bien, Mithra marque ses soldats au front (avec le chrême, Kouphi égyptien); il célèbre l'oblation du pain, l'image de la résurrection, et présente la couronne, en menaçant de l'épée, etc.»

Dans ces mystères on éprouvait l'initié par mille terreurs, par la menace du feu, de l'épêe, etc., et on lui présentait une couronne, qu'il refusait, en disant: Dieu est ma couronne. (Voyez cette couronne dans la sphère céleste, à côté de Bootes.) Les personnages de ces mystères portaient tous des noms d'animaux constellés. La messe n'est pas autre chose que la célébration de ces mystères et de ceux d'Éleusis. Le Dominus vobiscum est à la lettre la formule de réception, chon-k, àm, p-ak. Voy. Beausobre, Histoire du Manichéisme, tom. ii.

Pag. [147], lig. 10. Les Védas ou Vedams sont les livres sacrés dés Indous, comme les Bibles chez nous. On en compte trois: le Rick Veda, le Yadjour Veda, et le Sama Veda. Ils sont si rares dans l'Inde, que les Anglais ont eu beaucoup de peine à en trouver l'original, dont ils ont fait faire une copie déposée au British Muséum. Ceux qui comptent quatre Védas, y comprennent l'Attar Veda, qui traite des cérémonies, et qui est perdu. Il y a en suite des commentaires nommés Upanishada, dont l'un a été publié par Anquetil Duperron, sous le titre de Oupnekhat, livre curieux en ce qu'il donne une idée de tous les autres. La date de ces livres passe 25 siècles au-dessus de notre ère; leur contenu prouve que toutes les rêveries des métaphysiciens grecs viennent de l'Inde et de l'Égypte.—Depuis l'an 1788, les savants Anglais exploitent dans l'Inde une mine de littérature dont on n'avait aucune idée en Europe, et qui prouve que la civilisation de l'Inde remonte à une très-haute antiquité. Après les Védas viennent les Chastras, au nombre de six. Ils traitent de théologie et de sciences. Puis viennent au nombre de 18, les Pouranas, qui traitent de mythologie et d'histoire: voyez le Bahgouet-guîta, le Baga Vedam, et l'Ézour-Vedam, traduits en français, etc.

Pag. [151], lig. 14. Toute cette cosmogonie des lamas, des bonzes, et même des brames, comme l'atteste Henri Lord, revient littéralement à celle des anciens Égyptiens. «Les Égyptiens, dit Porphyre, appellent Kneph l'intelligence ou cause effective (de l'univers). Ils racontent que ce dieu rendit par la bouche un œuf, duquel fut produit un autre dieu, nommé Phtha ou Vulcain (le feu principe, le soleil;) et ils ajoutent que cet œuf est le monde.» Eusoeb., Prep. evang., pag. 115.