Pag. [179], lig. 26. (En qui la vertu des astres s'était insérée.) «Les anciens astrologues, dit le plus savant des Juifs (Maimonides), ayant consacré à chaque planète une couleur, un animal, un bois, un métal, un fruit, une plante, ils formaient de toutes ces choses une figure ou représentation de l'astre, observant pour cet effet de choisir un instant approprié, un jour heureux, tel que la conjonction ou tout autre aspect favorable; par leurs cérémonies (magiques), ils croyaient pouvoir faire passer dans ces figures ou idoles les influences des êtres supérieurs (leurs modèles). C'étaient ces idoles qu'adoraient les Kaldéens-sabéens: dans le culte qu'on leur rendait, il fallait être vêtu de la couleur propre.... Ainsi, par leurs pratiques, les astrologues introduisirent l'idolâtrie, ayant pour objet de se faire regarder comme les dispensateurs des faveurs des cieux; et parce que les peuples anciens étaient entièrement adonnés à l'agriculture, ils leur persuadaient qu'ils avaient le pouvoir de disposer des pluies et des autres biens des saisons; ainsi, toute l'agriculture s'exerçait par des règles d'astrologie, et les prêtres faisaient des talismans pour chasser les sauterelles, les mouches, etc.» Voy. Maimonides, More Nebuchim, pars 111, c. 9.
«Les prêtres égyptiens, indiens, perses, etc., prétendent lier les dieux à leurs idoles, les faire descendre du ciel à leur gré; ils menacent le soleil et la lune de révéler les secrets des mystères, d'ébranler les cieux, etc.» Eusèbe, Præparat. evang., pag. 198; et Iamblique, de Mysteriis Ægyptiorum.
Pag. [180], lign. 12. (Fut censé en remplir les rôles astronomiques.) Ce sont les propres paroles de Iamblique, de Symbolis Ægyptiorum, c. 2, sect. 7. Il était le grand Protée, le métamorphiste universel.
Pag. [181], lig. 22. (Votre tonsure est le disque du soleil.) «Les Arabes, dit Hérodote, lib. iii, se rasent la tête en rond et autour des tempes, ainsi que se la rasait, disaient-ils, Bacchus (qui est le soleil).» Jérémie, c. 25, v. 23, parle de cette coutume. La touffe que conservent les musulmans est encore prise du soleil, qui, chez les Égyptiens, était peint, au solstice d'hiver, n'ayant plus qu'un cheveu sur la tête. (Votre étole est son zodiaque). Les étoles de la déesse de Syrie et de la Diane d'Éphèse, d'où dérive celle des prêtres, portent les douze animaux du zodiaque. Les chapelets se retrouvent dans toutes les idoles indiennes, composées il y a plus de 4500 ans, et leur usage est universel et immémorial en Asie. La crosse est précisément le bâton de Bootes ou Osiris. (Voy. la planche iii.) Tous les lamas portent la mitre, ou bonnet conique, qui était l'emblème du soleil.
Pag. [182], lig. 21. (On en fit la vie historique d'Hercule.) Voy. l'ouvrage de Dupuis, Origine des Constellat, et Origine de tous les Cultes.
Pag. [183], lig. 19. (La réunion de ces figures avait des sens convenus.) Le lecteur verra sans doute avec plaisir plusieurs exemples des hiéroglyphes des anciens.
«Les Égyptiens, dit Hor-Apollo, désignent l'éternité par les figures du soleil et de la lune. Ils figurent le monde par un serpent bleu à écailles jaunes (les étoiles; c'est le dragon chinois). S'ils veulent exprimer l'année, ils représentent Isis, qui dans leur langue se nomme aussi Sothis, ou la canicule, première des constellations, par le lever de qui l'année commençait. Son inscription à Saïs était: C'est moi qui me lève dans la constellation du chien.
«Ils figurent aussi l'année par un palmier, et le mois par un rameau, parce que, chaque mois, le palmier pousse une branche.
«Ils la figurent encore par le quart d'un arpent. (L'arpent entier, divisé en quatre, désignait la période bissextile de quatre ans: l'abréviation de cette figure du champ quadripartite est visiblement la lettre ha ou hêth, septième de l'alphabet samaritain; les lettres alphabétiques pourraient bien n'être que des abréviations d'hiéroglyphes astronomiques, et par cette raison on aurait écrit de droite à gauche, dans le sens de la marche des étoiles.) Ils désignent un prophète par l'image d'un chien, attendu que l'astre-chien (Anoubis) annonce par son lever l'inondation.
«Ils peignent l'inondation par un lion, parce qu'elle arrive sous ce signe; et de là, dit Plutarque, l'usage des figures de lion vomissant de l'eau à la porte des temples.