«Ils expriment Dieu et la destinée par une étoile. Ils représentent aussi Dieu, dit Porphyre, par une pierre noire, parce que sa nature est ténébreuse, obscure. Toutes les choses blanches expriment les dieux célestes, lumineux; toutes les circulaires expriment le monde, la lune, le soleil, les orbites; tous les arcs et croissans, la lune.... Ils figurent le feu et les dieux de l'Olympe par des pyramides et des obélisques (le nom du soleil, Baal, se trouve dans ce dernier mot); le soleil par un cône (la mitre d'Osiris); la terre par un cylindre (qui roule); la puissance génératrice (de l'air) par le phallus, et celle de la terre par un triangle, emblème de l'organe femelle. (Euseb., Præpar. evang., p. 98.)
«Le limon, dit Iamblique, de Symbolis, sect. 7, c. 2, désigne la matière, la puissance générative et nutritive; tout ce qui reçoit la chaleur, la fermentation de la vie.
«Un homme assis sur le lotos ou nénuphar désigne l'esprit moteur (le soleil), qui, de même que cette plante vit dans l'eau sans toucher au limon, existe pareillement séparé de la matière, nageant dans l'espace, se reposant sur lui-même; rond dans toutes ses parties, comme le fruit, les feuilles et les fleurs du lotos. (Brahma a des yeux de lotos, dit le Chaster Néardisen, pour désigner son intelligence, son œil, qui surnage à tout, comme la fleur du lotos sur l'eau.) Un homme au timon d'un vaisseau, continue Iamblique, désigne le soleil qui gouverne tout. Et Porphyre nous dit que c'est encore lui que représente un homme dans un vaisseau sur un crocodile (amphibie, emblème de l'air et de l'eau.)
«À Éléphantine on adorait une figure d'homme assis, de couleur bleue, ayant une tête de belier, et des cornes de bouc qui embrassaient le disque; le tout pour figurer la conjonction du soleil dans le belier avec la lune. La couleur bleue désigne la puissance attribuée à la lune dans cette conjonction, d'élever les eaux en nuages (apud Euseb., Præpar. evang., pag. 116).
«L'épervier est l'emblème du soleil et de la lumière, à raison de son vol rapide et élevé au plus haut de l'air, où abonde la lumière.
«Le poisson est l'emblème de l'aversion, et l'hippopotame de la violence, parce que, dit-on, il tue son père et viole sa mère. De là, dit Plutarque, l'inscription hiéroglyphique du temple de Saïs, où l'on voit peints sur le vestibule, 1º un enfant, 2º un vieillard, 3º un épervier, 4º un poisson, et 5º un hippopotame; ce qui signifie: 1º arrivants (à la vie), et 2º partants, 3º dieu, 4º hait, 5º l'injustice. (Voyez Isis et Osiris.)
«Les Égyptiens, ajoute-t-il, peignent le monde par un scarabée, parce que cet insecte pousse à contre-sens de sa marche une boule qui contient ses œufs, comme le ciel des fixes pousse le soleil (jaune de l'œuf) à contre-sens de sa rotation.
«Ils peignent le monde par le nombre cinq, qui est celui des éléments, savoir, dit Diodore, la terre, l'eau, l'air, le feu et l'éther ou spiritus (ils sont les mêmes chez les Indiens); et, selon les mystiques, dans Macrobe, ce sont le Dieu suprême ou premier mobile, l'intelligence ou mens née de lui, l'ame du monde qui en procède, les sphères célestes et les choses terrestres. De là, ajoute Plutarque, l'analogie de penté, cinq (en grec), à Pan, le tout.
«L'âne, dit-il encore, désigne Typhon, parce qu'il est de couleur rousse, comme lui: or, Typhon est tout ce qui est bourbeux, limoneux» (et j'observerai qu'en hébreu, limon, couleur rousse, et âne, sont des mots formés de la même racine hamr). De plus, Iamblique nous a dit que le limon désignait la matière, et il ajoute ailleurs que tout mal, toute corruption viennent de la matière; ce qui, comparé au mot de Macrobe, tout est périssable, sujet au changement dans la sphère céleste, nous donne la théorie du système d'abord physique, puis moralisé, dû bien et du mal des anciens. (Voy. encore le Mémoire sur le zodiaque de Dendera, que le savant Dupuis a inséré dans le journal intitulé: Revue philosophique, année 1801.)
Pag. [187], lig. 1. (Une cause insensée de superstition.) C'est le propre texte de Plutarque, qui raconte que ces divers cultes furent donnés par un roi d'Égypte, aux différentes villes, pour les désunir et les asservir (et ces rois étaient pris dans la caste des prêtres). V. Isis et Osiris.