Pag. [189], lig. 15. (Dans la projection de la sphère que traçaient les prêtres astronomes.) Les anciens prêtres eurent trois espèces de projection, qu'il est utile de faire connaître au lecteur.

«Nous lisons dans Eubulus, dit Porphyre, que Zoroastre fut le premier qui, ayant choisi dans les montagnes voisines de la Perse une caverne agréablement située, la consacra à Mithra (le soleil), créateur et père de toutes choses, c'est-à-dire qu'ayant partagé cet antre en divisions géométriques qui représentaient les climats et les éléments, il imita en petit l'ordre et la disposition de l'univers par Mithra. Après Zoroastre, ce devint un usage de consacrer les antres à la célébration des mystères; en sorte que, de même que les temples sont affectés aux dieux célestes, les autels champêtres aux héros et aux dieux terrestres, les souterrains aux dieux infernaux (inférieurs); de même les antres et les grottes furent spécialement attribués au monde, à l'univers et aux nymphes: de là est venue à Pythagore et à Platon l'idée d'appeler le monde une caverne, un antre. (Porphyre, De antro Nympharum.)

Voici donc une première projection en relief; et quoique les Perses aient fait honneur de son invention à Zoroastre, on peut assurer qu'elle eut lieu chez les Égyptiens, et que même étant la plus simple, elle dut y être la plus ancienne; les cavernes de Thèbes, remplies de peintures, autorisent ce sentiment.

En voici une seconde. «Les prophètes ou hiérophantes des Égyptiens, dit l'évêque Synnesius, qui avait été initié aux mystères, ne permettent pas aux ouvriers ordinaires de faire les idoles ou images des dieux; mais ils descendent eux-mêmes dans les antres sacrés, où ils ont des coffres cachés, qui renferment certaines sphères sur lesquelles ils composent ces images en secret et à l'insu du peuple, qui méprise les choses simples et naturelles, et qui veut des prodiges et des fables.» (Syn., in Calvit.) C'est-à-dire que les prêtres avaient des sphères armillaires comme les nôtres; et ce passage, si concordant avec celui de Chérémon, nous donne la clé de toute leur théologie astrologique.

Enfin, ils avaient des plans plats, dans le genre de la planche III; avec cette différence, que leurs plans, très-compliqués, portaient toutes leurs divisions fictives de décans et sous-décans, avec les indications (hiéroglyphiques) de leurs influences. Kirker en a donné une copie dans son Œdipe égyptien, et Gébelin un fragment figuré dans son volume du calendrier (sous le nom de Zodiaque égyptien). Les anciens Égyptiens, dit l'astrologue Julius Firmicus (Astron., lib. ii, c. 4, et lib. iv, c. 16), divisent chaque signe du zodiaque en trois sections; et chaque section fut sous la direction d'un être fictif, qu'ils appelèrent décan ou chef de dixaine; en sorte qu'il y eut trois décans par mois et trente-six par an. Or, ces décans, qui furent aussi appelés dieux (Théoi), règlent les destinées des hommes..., et ils étaient spécialement placés dans certaines étoiles.... Dans la suite on imagina en chaque dixaine trois autres dieux, que l'on appela les dispensateurs; de sorte qu'il y en eut neuf par mois, qui furent encore divisés en un nombre infini de puissances. (Les Perses et les Indiens firent leurs sphères sur des plans semblables; et si l'on dressait un tableau de la description qu'en donne Scaliger à la fin de Manilius, l'on y verrait précisément la définition de leurs hiéroglyphes, car chaque article en est un.)

Ibidem, lig. 18. (L'hémisphère d'hiver lui était antipode.) Voilà précisément pourquoi le nom d'Ahrimanes était toujours écrit par les Perses renversé ainsi:

Pag. [190], lig. 12. (Typhon, c'est-à-dire le déluge, à raison des pluies.) Typhon, prononcé touphon par les Grecs, est précisément le touphan arabe, qui veut dire déluge; et tous ces déluges des mythologies ne sont, tantôt que l'hiver et les pluies, et tantôt le débordement du Nil; de même que les prétendus incendies qui doivent terminer le monde, ne sont que la saison d'été. Voilà pourquoi Aristote, De meteoris, lib. 1, c. 14, dit que l'hiver de la grande année cyclique est un déluge, et son été un incendie. «Les Égyptiens, dit Porphyre, emploient chaque année un talisman en mémoire du monde; au solstice d'été, ils marquent de rouge les maisons, les troupeaux, les arbres, disant que ce jour-là tout le monde a été incendié. C'était aussi alors que se célébrait la danse pyrrhique ou de l'incendie.» (Et ceci explique l'origine des purifications par le feu et par l'eau, car ayant appelé le tropique du cancer portes des cieux et de la chaleur ou feu céleste, et celui du capricorne porte du déluge ou de l'eau, il fut censé que les esprits ou ames qui passaient par ces portes pour aller et venir aux cieux, étaient rôtis ou baignés: de là le baptême de Mithra, et le passage à travers les flammes, pratiqués dans tout l'Orient long-temps avant Moïse.)

Ibidem, lig. 14. (Dans la Perse, en un temps postérieur.) Dans un temps postérieur, c'est-à-dire lorsque le belier devint le signe équinoxial, ou plutôt lorsque le dérangement du ciel eut fait apercevoir que ce n'était plus le taureau.

Pag. [191], lig. 11. (Tous les actes religieux du genre gai.) Toutes les fêtes anciennes, relatives au retour ou à l'exaltation du soleil, portaient ce caractère: de là les hilaria du calendrier romain au passage (pascha) de l'équinoxe vernal. Les danses étaient des imitations de la marche des planètes. Celle des derviches la figure encore aujourd'hui.