Ibid., lig. 17. (Tous les actes religieux du genre triste.) On n'offre, dit Porphyre, de sacrifices sanglants qu'aux démons et aux génies malfaisants, pour détourner leur colère.... Les démons aiment le sang, l'humidité, la puanteur. Apud Euseb., Præp. evang., p. 173.
«Les Égyptiens, dit Plutarque, n'offrent de victimes sanglantes qu'à Typhon. On lui immole un bœuf roux; et l'animal de sacrifice est un animal exécré, chargé de tous les péchés du peuple (le bouc de Moïse).» Voyez De Iside et Osiride.
(Ce partage des animaux en sacrés et abominables.) Strabon dit, à l'occasion de Moïse et des Juifs: «De la superstition sont nées les prohibitions de certaines viandes et les circoncisions.»—Et j'observe, à l'égard de cette dernière pratique, que son but était d'enlever au symbole d'Osiris (phallus) l'obstacle prétendu de la fécondation: obstacle qui portait le sceau de Typhon, «dont la nature, dit Plutarque, est tout ce qui empêche, s'oppose, fait obstruction.»
Pag. [197], lig. 6. (Les heureux n'y donneront point d'ombre.) Il est à ce sujet un passage de Plutarque si intéressant et si explicatif de tout ce système, que le lecteur nous saura gré de le lui citer en entier; après avoir dit que la théorie du bien et du mal avait de tout temps exercé les physiciens et les théologiens: «Plusieurs, ajoute-t-il, croient qu'il y a deux dieux dont le penchant opposé se plaît, l'un au bien, et l'autre au mal; ils appellent spécialement dieu le premier, et génie ou dæmon le second. Zoroastre les a nommés Oromaze et Ahrimanes, et il a dit que de tout ce qui tombe sous nos sens, la lumière est l'être qui représente le mieux l'un; les ténèbres et l'ignorance, l'autre. Il ajoute que Mithra leur est intermédiaire; et voilà pourquoi les Perses appellent Mithra le médiateur ou l'intermédiaire. Chacun de ces dieux a des plantes et des animaux qui lui sont particulièrement consacrés: par exemple, les chiens, les oiseaux, les hérissons, sont affectés au bon génie; tous les animaux aquatiques au mauvais.
Les Perses disent encore qu'Oromaze naquit ou fut formé de la lumière la plus pure; Ahrimanes, au contraire, des ténèbres les plus épaisses; qu'Oromaze fit six dieux aussi bons que lui, et qu'Ahrimanes leur en opposa six méchants; qu'ensuite Oromaze se tripla (Hermès trismégiste), et s'éloigna du soleil autant que le soleil est éloigné de la terre, et qu'il fit les étoiles, et entre autres Sirius, qu'il plaça dans les cieux comme un gardien et une sentinelle. Or, il fit encore vingt-quatre autres dieux, qu'il plaça dans un œuf; mais Ahrimanes en créa vingt-quatre autres qui percèrent l'œuf, et alors les biens et les maux furent mêlés (dans l'univers). Mais enfin Ahrimanes doit être un jour vaincu, et la terre deviendra égale et aplanie, afin que tous les hommes vivent heureux.
Théopompe ajoute, d'après les livres des mages, que tour à tour l'un de ces dieux domine tous les trois mille ans, pendant que l'autre a du dessous; qu'ensuite ils combattent à armes égales pendant trois autres mille ans; mais enfin que le mauvais génie doit succomber (sans retour). Alors les hommes deviendront heureux, et ne donneront point d'ombre. Or, le dieu qui médite ces choses, se repose en attendant qu'il lui plaise de les exécuter.» (De Iside et Osiride.)
L'allégorie se montre à découvert dans tout ce passage. L'œuf est la sphère des fixes, le monde; les six dieux d'Oromaze sont les six signes d'été; les six signes d'Ahrimanes, les six signes d'hiver. Les quarante-huit dieux créés ensuite sont les quarante-huit constellations de la sphère ancienne, partagée également entre Ahrimanes et Oromaze. Le rôle de Sirius, gardien, sentinelle, décèle l'origine égyptienne de ces idées; enfin cette expression, que la terre deviendra égale et aplanie, et que les hommes heureux ne donneront point d'ombre, nous montre que le paradis véritable était l'équateur.
Ibidem, lig. 15. (Les cérémonies de l'antre de Mithra.) Dans les antres factices que les prêtres pratiquèrent partout, on célébrait des mystères qui consistaient, dit Origène contre Celse, à imiter les mouvemens des astres, des planètes et de tous les cieux. Les initiés portaient des noms de constellations, et prenaient des figures d'animaux. L'un était déguisé en lion, l'autre en corbeau, celui-ci en belier. De là les masques de la première comédie. Voy. Antiq. dévoilée, tom. II pag. 244. Dans les mystères de Cérès, le chef de la procession s'appelait le créateur; le porteur de flambeau, le soleil; celui qui était près de l'autel, la lune; le héraut ou diacre, Mercure. En Égypte, il y avait une fête où des hommes et des femmes représentaient l'année, le siècle, les saisons, les parties du jour, et ils suivaient Bacchus. (Athénée, lib. v, c. 7.) Dans l'antre de Mithra il y avait une échelle à sept échelons ou degrés, figurant les sept sphères des planètes, par ou montaient et descendaient les ames; c'est précisément l'échelle de la vision de Jacob; ce qui indique, à cette époque, tout le système formé. Il y a à la Bibliothèque royale un superbe volume de peinture des dieux de l'Inde, où l'échelle se trouve representée avec les ames qui y montent, planche dernière.
Voy. l'astronomie ancienne par Bailly, où nos assertions sur les connaissances des prêtres sont amplement prouvées.
Pag. [200], lig. 1. (Dont toutes les parties avaient une liaison intime.) Ce sont les propres paroles de Iamblique. De myst. Ægypt.