La théologie de Moïse n'a donc point différé de celle des sectateurs de l'ame du monde, c'est à-dire des stoïciens, et même des Épicuriens.

Quant à l'histoire de Moïse, Diodore la présente sous un jour naturel, quand il dit, lib. xxxiv et xl, «que les Juifs furent chassés d'Égypte dans un temps de disette, où le pays était surchargé d'étrangers, et que Moïse, homme supérieur par sa prudence et par son courage, saisit cette occasion pour établir sa nation dans les montagnes de Judée.» À l'égard des six cent mille hommes armés que l'Exode lui donne, c'est une erreur de copiste, dont le lecteur trouvera la démonstration tirée des livres mêmes, au tom. 1er des Recherches nouvelles sur l'Histoire ancienne, pag. 162 et suivantes.

Ibid., lig. 25. (Sous le nom d'Éi.) C'était le monosyllabe écrit sur la porte du temple de Delphes. Plutarque en a fait le sujet d'un traité.

Pag. [209], lig. 13. (Le nom d'Osiris même.) Il se trouve en propres termes au chap. 32 du Deutéronome. «Les ouvrages de Tsour sont parfaits.» On a traduit Tsour par créateur; en effet, il signifie donner des formes; et c'est l'une des définitions d'Osiris dans Plutarque.

Pag. [213], lig. 23. (Satan, l'archange Michel.) «Les noms des anges et des mois, tels que Gabriel, Michel, Yar, Nisan, etc., vinrent de Babylone avec les Juifs,» dit en propres termes le Talmud de Jérusalem. Voyez Beausobre, Hist. du Manich., tom. II, pag. 624, où il prouve que les saints du calendrier sont imités des 365 anges des Perses; et Iamblique, dans ses Mystères égyptiens, sect. 2, ch. 3, parle des anges, archanges, séraphins, etc., comme un vrai chrétien.

Pag. [214], lig. 9. (Consacrèrent la théologie de Zoroastre.) «Toute la philosophie des gymnosophistes,» dit Diogène Laërce, sur l'autorité d'un ancien, «est issue de celle des mages, et plusieurs assurent que celle de Juifs en a aussi tiré son origine;» (lib. I, c. 9.) Mégastène, historien distingué du temps de Séleucus Nicanor, et qui avait écrit particulièrement sur l'Inde, parlant de la philosophie des anciens sur les choses naturelles, joint dans un même sens les brachmanes et les Juifs.

Pag. [215], lig. 13. (Ramener l'âge d'or sur la terre.) Voilà la raison de tous ces oracles païens que l'on a appliqués à Jésus, et, entre autres, de la quatrième églogue de Virgile et des vers sibyllins si célèbres chez les anciens.

Pag. [216] lig. 21. (Au bout des six mille ans prétendus.) Lisez à ce sujet le chapitre 17 du tome I des Recherches nouvelles sur l'Histoire ancienne, où est expliquée la Mythologie de la création. La version des Septante comptait cinq mille et près de six cents ans; et ce calcul était le plus suivi: on sait combien, dans les premiers siècles de l'Église, cette opinion de la fin du monde agita les esprits. Par la suite, les saints conciles s'étant rassurés, ils la taxèrent d'hérésie dans la secte des millénaires; ce qui forme un cas bien singulier; car, d'après les propres Évangiles que nous suivons, il est évident que Jésus eût été un millénaire, c'est-à-dire un hérétique.

Pag. [217], lig. 22. (Figuré par la constellation du serpent.) «Les Perses, dit Chardin, appellent la constellation du serpent Ophiuchus, serpent d'Ève;» et ceser pent Ophiuchus ou Ophioneus jouait le même rôle dans la théologie des Phéniciens; car Phérécydes, leur disciple et le maître de Pythagore, disait: «qu'Ophioneus serpentinus avait été le chef des rebelles à Jupiter.» Voy. Mars. Ficin. Apol. Socrat., p. m, 797, col. 2. Et j'ajouterai qu'oephah (par aïn) signifie en hébreu vipère, serpent.

Au sens physique, séduire, seducere, n'est qu'attirer à soi, mener avec soi.