Voy. dans Hyde, pag. 111, édit. de 1760, De religione veterum Persarum, le tableau de Mithra, cité ici.

Pag. [218], ligne 12. (Persée monte de l'autre côté.) Bien plus, la tête de Méduse, cette tête de femme jadis si belle, que Persée coupa et qu'il tient à la main, n'est que celle de la Vierge, dont la tête tombe sous l'horizon précisément lorsque Persée se lève; et les serpents qui l'entourent sont Ophiuchus et le dragon polaire, qui alors occupent le zénith. Ceci nous indique la manière dont les anciens astrologues ont composé toutes leurs figures et toutes leurs fables; ils prenaient les constellations qui se trouvaient en même temps sur la bande de l'horizon, et en assemblant les parties, ils en formaient des groupes qui leur servaient d'almanach, en caractères hiéroglyphiques: voilà le secret de tous leurs tableaux, et la solution de tous les monstres mythologiques. La Vierge est encore Andromède délivrée par Persée de la baleine qui la poursuit (pro-sequitur).

Ibid., lig. 26. (Allaité par une vierge chaste.) Tel était le tableau de la sphère persique, cité par Aben-Ezra, dans le Coelum poeticum de Blaeu, pag. 71. «La case du premier décan de la Vierge, dit cet écrivain, représente cette belle vierge à longue chevelure, assise dans un fauteuil, deux épis dans une main, allaitant un enfant appelé Iésus par quelques nations, et Christ en grec.»

Il existe à la Bibliothèque du Roi un manuscrit arabe, nº 1165, dans lequel sont peints les douze signes, et celui de la vierge représente une jeune fille ayant à côté d'elle un enfant; d'ailleurs, toute la scène de la naissance de Jésus se trouve rassemblée dans le ciel voisin. L'étable est la constellation du cocher et de la chèvre, jadis le bouc; constellation appelée proesepe Jovis Heniochi, étable d'Iou; et ce mot Iou se retrouve dans le nom d'Iou-seph (Joseph). Non loin est l'âne de Typhon (la grande ourse), et le bœuf ou taureau, accompagnements antiques de la crèche. Pierre, portier, est Janus avec ses clefs et son front chauve: les douze apôtres sont les génies des douze mois, etc. Cette vierge a joué les rôles les plus variés dans toutes les mythologies; elle a été l'Isis des Égyptiens, laquelle disait dans l'inscription citée par Julien: Le fruit que j'ai enfanté est le soleil. La plupart des traits cités par Plutarque lui sont relatifs, de même que ceux d'Osiris conviennent à Bootes. Aussi les sept étoiles principales de l'ourse, appelées chariot de David, s'appelaient-elles chariot d'Osiris (voy. Kirker); et la couronne qu'il a derrière lui était formée de lierre, appelé chen-Osiris, arbre d'Osiris. La Vierge a aussi été Cérès, dont les mystères furent les mêmes que ceux d'Isis et de Mithra; elle a été la Diane d'Éphèse; la grande déesse de Syrie, Cybèle traînée par les lions; Minerve, mère de Bacchus; Astrée, vierge pure, qui fut enlevée au ciel à la fin de l'âge d'or; Thémis aux pieds de qui est la balance qu'on lui mit en main; la Sibylle de Virgile, qui descend aux enfers ou sous l'hémisphère avec son rameau à la main, etc.

Pag. [219], lig. 2. (Vivrait abaissé, humble.) Ce mot humble vient du latin humi-lis, humi-jacens, couché ou penché à terre; et toujours le sens physique se montre la racine du sens abstrait et moral.

Ibid., lig. 16. (Renaissait ou résurgeait dans la voûte des cieux.) Resurgere, se lever une seconde fois, n'a signifié revenir à la vie que par une métaphore hardie; et l'on voit l'effet perpétuel des sens équivoques de tous les mots employés dans les traditions.

Ibid., lig. 20. (Chris, c'est-à-dire le conservateur.) Selon leur usage constant, les Grecs ont rendu par x ou jota espagnol le aspiré des Orientaux, qui disaient hàris; en hébreu, héres s'entend du soleil; mais en arabe, le mot radical signifie garder, conserver, et hâris, gardien, conservateur. C'est l'épithète propre de Vichenou; et ceci démontre à la fois l'identité des trinités indienne et chrétienne, et leur commune origine. Il est évident que c'est un même système, qui, divisé en deux branches, l'une à l'orient, l'autre à l'occident, a pris deux formes diverses: son tronc principal est le système pythagoricien de l'ame du monde, ou Ioupiter. Cette épithète de piter ou père ayant passé au Démi-Ourgos des platoniciens, il en naquit une équivoque qui fit chercher le fils. Pour les philosophes, ce fut l'entendement, nous et logos, dont les Latins firent leur verbum; et l'on touche ici au doigt et à l'œil l'origine du père éternel et du verbe son fils, qui procède de lui (mens ex Deo nata, dit Macrobe); l'anima ou spiritus mundi fut le Saint-Esprit; et voilà pourquoi Mânes, Basilide, Valentin, et d'autres prétendus hérétiques des premiers siècles, qui remontaient aux sources, disaient que Dieu le père était la lumière inaccessible et suprême du ciel (premier cercle, l'aplanès); que le fils était la lumière seconde résidante dans le soleil, et le Saint-Esprit l'air qui enveloppe la terre. (Voy. Beausobre, t. ii, p. 586.) De là, chez les Syriens, son emblème de pigeon, oiseau de Vénus Uranie, c'est-à-dire de l'air. «Les Syriens (dit Nigidius in Germanico) disent qu'une colombe couva plusieurs jours dans l'Euphrate un œuf de poisson, d'où naquit Vénus.» Aussi ne mangent-ils pas de pigeon, dit Sextus Empiricus, Inst. Pyrrh., lib. iii, c. 23; et ceci nous indique une période commencée au signe des poissons (solstice d'hiver). Remarquons d'ailleurs que si Chris vient de Harisch par un chin, il signifiera fabricateur; épithète propre du soleil. Ces variantes, qui ont dû embarrasser les anciens, prouvent toujours également qu'il est le véritable type de Jésus, ainsi qu'on l'avait déja aperçu dès le temps de Tertullien. «Plusieurs,» dit cet écrivain, «pensent, avec plus de vraisemblance, que le soleil est notre Dieu; et ils nous renvoient à la religion des Perses.» (Apologétique, c. 16.)

Ibid., lig. 26. (L'une des périodes solaires). Voy. l'ode curieuse de Martianus Capella au soleil, traduite par Gébelin, volume du Calendrier, pag. 547 et 548.

Pag. [228], lig. 17. (Des sacrifices humains.) Lisez la froide déclamation d'Eusèbe, Proep. ev., lib. I, pag. ii, qui prétend que depuis que Christ est venu, il n'y a plus eu ni guerres, ni tyrans, ni anthropophages, ni pédérastes, ni incestueux, ni sauvages mangeant leurs parents, etc. Quand on lit ces premiers docteurs de l'Église, on ne cesse de s'étonner de leur mauvaise foi ou de leur aveuglement. Un travail curieux serait de publier aujourd'hui un demi-volume de leurs passages les plus remarquables, pour mettre en évidence leur folie. La vérité est que le christianisme n'a rien inventé en morale, et que tout son mérite a été de mettre en pratique des principes dont le succès a été dû aux circonstances du temps; c'est-à-dire que le despotisme orgueilleux et dur des Romains, dans ses diverses branches militaires, judiciaires et administratives, ayant lassé la patience des peuples, il se fit, dans les classes inférieures ou populaires, un mouvement de réaction absolument semblable à celui qui, depuis vingt-cinq ans, a lieu en Europe de la part des peuples contre l'oppression des deux castes dites sacerdotale et féodale.

Pag. [230], lig. 19. (Association d'hommes assermentés pour nous faire la guerre.) C'était l'ordre de Malte, dont les chevaliers faisaient vœu de tuer ou de réduire en esclavage des musulmans, pour la gloire de Dieu.