Nous ajoutons qu’entre Amasis en 570 et Ptolomée en 247, il y a 323 ans, entre Amasis et Mœris 780; ainsi tout est discordant.

Le traducteur d’Hérodote s’est cru plus heureux et mieux instruit, lorsque d’un passage inédit de Théon il a conclu que Sésostris avait commencé de régner juste en 1365. Nous avons consulté sur ce même passage MM. Peyrard et Halma, savants hellénistes et géomètres, à qui nous devons la traduction d’Euclide et de Ptolomée: leur réponse par écrit nous assure que le texte de Théon diffère matériellement du sens que lui donne Larcher. Théon dit: «Si nous voulons trouver le lever de la canicule l’an 100e de Dioclétien, prenons les 1,605 années accumulées depuis Ménophrès (roi égyptien) jusqu’à la fin d’Auguste; ajoutons-leur les 100 ans écoulés depuis le commencement de Dioclétien, et nous aurons 1,705 ans.»

Tout ce qu’on peut voir ici est que sous Ménophrès, roi égyptien, il y eut une observation précise du lever en question, qui servit de base aux calculs, et que ce Ménophrès vécut 1,605 ans avant la mort d’Auguste. Larcher veut que la fin d’Auguste soit la fin de son ère: il place de son autorité la fin de cette ère à l’an 328 de J.-C.; il dit qu’en ajoutant ce nombre à celui de 1,605, cela donne l’an 1323 avant J.-C., 33e année de Sésostris. Il nous est impossible de voir comment cela se fait. De plus, il prétend que Mên-Ophrès signifie un Pharaon, qui ne peut être que Sésostris, et il ajoute que mên est une particule ajoutée par les Grecs, euphoniœ gratiâ. (Voyez Traduct. d’Hérodote, tome II, seconde édition, page 556.) Nous avouons que tout cela est au-dessus de notre portée.

[246] L’érudit Larcher prétend avoir prouvé de fait et de droit, que chez les anciens Grecs on ne se mariait qu’à 33 ans. Si le lecteur prend la peine de lire notre note à la fin de ce volume, il se convaincra que jamais on n’a plus abusé de la permission de citer.

[247] Voyez Fl. Josèphe contr. Appion., lib. I, § XIV; et le Syncelle, pag. 40, 52, 53, etc.

[248] L’examen minutieux de ces altérations ne mènerait à rien: il nous suffit d’observer que jusque dans les additions énoncées par le compilateur, son total ne cadre point avec les sommes partielles qu’il donne. Par exemple, les règnes de la 18e dynastie rendent 259, et le Syncelle accuse 263: Ceux de la 1re, 263, le Syncelle, 253. La 5e, 218, le Syncelle, 248, etc. En plusieurs dynasties il y a, tantôt des omissions de règne, tantôt des lacunes de noms; dans une occasion, à la dynastie 18, le Syncelle nous avertit qu’Africanus voyant que ses calculs n’amenaient pas Moïse au temps du roi Amosis (comme l’exigeait l’opinion dominante), il a supprimé 110 ans à un patriarche, pour opérer le synchronisme requis.

[249] § XXVI, contr. Appion, lib. I.

[250] Contr. Appion, lib. I, § XXVI.

[251] Hist. nat. lib. VI, p. 343 édit. de Hardouin.

[252] Eusèbe, qui suit cet auteur, compte 2024; et Larcher, 2107.