La dernière plate-bande à droite en entrant sous le péristyle, comprend dans sa demi-largeur, du côté du milieu de ce péristyle, les six constellations descendantes dans l’ordre suivant, à partir du côté de la cour au mur du temple: le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne. L’autre demi-plate-bande renferme dix-huit bateaux qui représentent dix-huit décans.
J’ai remarqué une disposition particulière dans la manière de distribuer les constellations ascendantes et descendantes: le Lion, première constellation descendante, se trouve plus avancé qu’il ne devrait être s’il occupait le milieu de l’espace d’un signe; le Capricorne, dernière constellation descendante, se trouve contiguë au mur du temple; l’espace qui devrait être entre cette constellation et le temple se trouve transposé dans la plate-bande des constellations ascendantes; où le Verseau est trop distant du mur du temple. L’espace de la constellation du Cancer est plus petit que celui de l’espace d’un signe. La constellation du Cancer est transposée à l’extrémité de la plate-bande et dans le milieu de sa largeur. Un buste d’Isis, placé au-dessus d’un portique, se trouve occuper la place du Cancer; au bas de ce portique s’élève une fleur de lotus, du milieu de laquelle sort un serpent. Un soleil placé au solstice, sur le prolongement de la ligne des bateaux, envoie un faisceau de rayons divergens sur le buste d’Isis: emblème du lever héliaque de Sirius, gardien d’Isis, et placé à la porte du jour.
Ce langage astronomique indique clairement que le soleil, parvenu au solstice, fait, par la force de ses rayons, disparaître Sirius à son lever héliaque; la fleur de lotus annonce le débordement du Nil qui arrive toujours au solstice.
Dans une chambre supérieure du temple on trouve sculpté au plafond un petit planisphère tracé sur le plan de l’écliptique; les douze constellations y forment une ligne circulaire rentrante, de manière que la dernière constellation se trouve, après sa révolution, passer en partie au-dessus de la première. Ce zodiaque commence par le Lion; chaque constellation semble aller dans le même sens, et, la constellation du Cancer empiète au-dessus du Lion, par l’effet de la courbe en portion de spirale.
Cette disposition, d’après les données du zodiaque du péristyle, indique le mouvement d’une période qui a commencé au Lion, et qui doit se terminer dans le Cancer.
On peut conclure de cet exposé et du déplacement sensible et assez reconnaissable aux extrémités des constellations ascendantes et descendantes du zodiaque du péristyle, l’époque approchée de la construction de ce zodiaque. J’exposerai les résultats des calculs qui conduisent à cette époque, après avoir donné les éclaircissements suivants.
Les Égyptiens avaient leur année civile de 365 jours, sans aucune intercalation, en sorte que le lever héliaque de Sirius qui répondait à une époque donnée de leur calendrier, ne pouvait revenir à la même époque qu’après une période de 1461 de leurs années civiles (ces 1461 années égyptiennes répondaient à 1460 années cyniques ou sothiaques. C’est la grande année caniculaire, ainsi nommée, parce qu’elle commence au lever héliaque de Sirius ou du grand Chien, gardien des portes du jour et de la nuit.
De Lalande nous dit, en son Astronomie, que l’an 138 de l’ère vulgaire correspondait à la fin d’une période sothiaque, qui, d’après cette donnée, a dû commencer 3122 ans avant l’an 1800 de notre ère (1322 av. J.-C.), et la précédente, 4582 ans avant l’an 1800 (2782 av. J.-C.). Pour trouver les différences entre le solstice et le lever héliaque de Sirius pour le commencement de chacune de ces périodes, j’ai fait les calculs suivants pour la latitude du temple de Dendéra, 26° 9´.
On a pour la période qui a commencé l’an 1322 avant J.-C., les données suivantes:
| Ascension droite de Syrius | 57° | 44´ | 53´´ |
| Déclinaison australe | 18 | 34 | 18 |
| Obliquité de l’écliptique | 23 | 52 | 24 |