Monfalout, territoire détaché de la province d'Ousiout, avec 30 villages, fait de l'indigo superbe (en 1442). L'on y dépose le tribut de cette province, qui se monte à 1,150,000 ardeb de grains (l'ardeb de 192 livres.)
A 3 journées ouest d'Ousiout, par un désert sablonneux et pierreux, est el-Ouah (oasis), ainsi nommé de son chef-lieu.
Une autre oasis du milieu a 2 villages, appelés el-Qasr, et el-Hindan.
Une troisième oasis, plus voisine de la haute Égypte, s'appelle Dakilé (intérieure), et a 2 villages dont les habitants vivent d'orge, de maïs et de dattes.
Section XI. De la ville d'Alexandrie.—Alexandrie est le port le plus fréquenté des étrangers; les nations franques y ont des consuls, gens distingués, qui servent d'otages au sultan. Lorsqu'une de ces nations fait tort à l'islamisme, on prend à partie son représentant, et on l'oblige de réparer le mal.—La douane rend 1,000 dinars. Hors de la ville se voit la fameuse colonne appelée el-Saouâri, ou le grand mât. (Abulfeda a dit la même chose; et c'est ce mot Saouâri que quelques-uns ont pris pour Sévère, empereur.) J'ai ouï dire qu'une personne avait trouvé le moyen de monter dessus et de s'asseoir sur son chapiteau.
Chapitre IV. Du vizir ou grand ministre.—Le vizir est un ministre qui a la prééminence sur tous les grands officiers.—Il est d'institution divine. Aaron fut le vizir de Moïse.
Le vizir surveille toutes les parties du gouvernement, tous les agents de l'administration; il les établit et les dépose; les punit et les récompense.
Il tient le registre des recettes et des dépenses de l'état; il en accroît le revenu, non par tyrannie, mais par sagesse et économie.
Les revenus de l'empire consistent en revenus fixes, en revenus casuels, et en droits seigneuriaux sur les cultivateurs. Les revenus fixes sont la taxe en deniers comptants sur les terres productives; la douane, de 10 pour 100 en nature, sur le commerce d'importation et exportation; le tribut des peuples conquis, la capitation des non-musulmans dite karadje; les fermes de monopoles, dits paltes; les dîmes sur les fruits de la terre; les impositions sur les fabriques et boutiques, et la 5e partie du butin légal.
Les revenus casuels sont le 20e sur les héritages collatéraux; les amendes; le prix du sang versé; les impôts extraordinaires et les investitures; le droit d'aubaine; les épaves; les trésors découverts; la dîme sur les troupeaux paissants et passants, et non sur les animaux domestiques.