Smyrne consomme par an 2,500 ballots de draps, lesquels sur le pied de 1,200 francs le ballot, font 3,000,000 francs. Cette somme est la moitié du commerce total, estimé chaque année 6,000,000 francs d’entrée. Les autres objets sont les mêmes qu’à Constantinople.
Le principal article des retours est le coton en laine. Le pays en rend par an 42 à 44,000 balles, dont 12 à 13,000 passent en France, 5,000 en Italie, 8,000 en Hollande, 3,000 en Angleterre, et le reste demeure dans le pays. On tire aussi des laines et poils de chèvre d’Angora; des laines de chevron, enlevées presque toutes par les étrangers. Ces retours, y compris les commissions données de Constantinople, excèdent les envois au moins d’un tiers. Les fonds restants servent à faire des entreprises pour aller charger des huiles à Metelin, ou pour la traite de blé au Volo, au golfe de Cassandre, à Sanderly, à Menemen, à Mosrouissi, etc., que l’on paye en sequins ou en piastres turkes. En outre on en paye les lettres de change comme à Constantinople. On tire rarement des lettres de change sur d’autre échelle que sur ces deux. Mais Smyrne doit être regardée comme la plus forte du Levant.
Salonique et ses dépendances.
Cette échelle où se verse toute la Macédoine, devient de jour en jour plus importante, parce que ses marchandises commencent à pénétrer en Albanie, Dalmatie, Bosnie, Bulgarie, Valakie et Moldavie. La consommation va de 1000 à 1200 ballots de draps, et dans les quatre années de paix de 1770 à 1773, elle surpassait ce nombre. Les autres objets sont en proportion. On en tirait autrefois des lingots d’or: le fonds des retours est en laine, coton, blé, cuir, tabac, soie, éponges fines, manteaux de laine, graine de vermillon, alun, cire, anis et huile.
A douze lieues de Salonique, la Cavalle est un entrepôt où se rendent d’abord la plupart de ces marchandises. Le temps de la consommation est celui des foires établies en divers lieux; il y en a une à Selminia, à douze journées de chameau de Salonique, au mois de mai (v. st.); une autre à Ouzourkouva, en septembre; et une à Deglia en octobre, à deux journées de Salonique. A ces époques, les Arméniens qui sont les marchands du pays, se fournissent et vont faire leurs ventes.
On porte les consommations de cette échelle et de la Cavalle, en temps de paix, à 3,000,000 fr.; les retours à 3,500,000 fr.; et il reste quelques fonds employés parfois en lettres de change.
Morée et dépendances.
Le commerce de cette contrée diminue chaque jour, parce que les troubles survenus depuis quelques années, et les ravages journaliers des Albanais, en détruisant les récoltes, diminuent les moyens de consommer. Les échelles sont Tripolitza, Naples de Romanie, Coron, Modon, Patras, Oustiche et Corinthe. Les envois sont de gros draps, des bonnets, quelque peu de cochenille, d’indigo, de café, et surtout beaucoup de sequins de Venise. On retire de l’huile et du blé à bon marché. Les envois ne se montent pas à plus de 400,000 francs, et les retraits passent 1,000,000 fr.
La Canée et dépendances.
Ce commerce ressemble au précédent; l’huile et quelque peu de cire sont les seuls produits de Candie. On les achète en espèces, soit piastres turkes, soit dahlers d’Empire. On exporte peu d’objets manufacturés. Ils ne montent pas à 4,000,000 fr. par an, et les retraits passent 700,000 fr.