Dans le cas suivant, observé récemment, l’observateur était absolument éveillé, comme vous et moi en ce moment. Il s’agit d’un certain M. Robert Bee, habitant Wigan (Angleterre). Voici cette curieuse révélation, écrite par l’observateur lui-même.
«Le 18 décembre 1873 nous nous rendîmes, ma femme et moi, dans la famille de ma femme à Southport, laissant mes parents en parfaite santé selon toute apparence. Le lendemain, dans l’après-midi, nous étions partis pour une promenade au bord de la mer, lorsque je me trouvai si profondément triste qu’il me fut impossible de m’intéresser à quoi que ce fût, de sorte que nous ne tardâmes pas à rentrer.
«Tout d’un coup ma femme manifesta un certain sentiment de peine et me dit qu’elle se rendait dans la chambre de sa mère pour quelques minutes. Un instant après, je me levai moi-même de mon fauteuil et passai au salon.
«Une dame, habillée comme si elle devait sortir, arriva près de moi, venant de la chambre à coucher voisine. Je ne remarquai pas ses traits, parce qu’elle ne regardait pas de mon côté; pourtant immédiatement je lui adressai la parole en la saluant, mais je ne me souviens plus de ce que je lui dis.
«Au même instant et tandis qu’elle passait ainsi devant moi, ma femme revenait de la chambre de sa mère et passait juste à l’endroit où je voyais cette dame, sans paraître la remarquer. Je m’écriai aussitôt avec un vif sentiment de surprise: «Quelle est donc cette dame que vous venez de croiser à l’instant? — Mais je n’ai croisé personne! répliqua ma femme encore plus étonnée que moi. — Comment, répliquai-je, vous ne venez pas de voir à l’instant une dame qui vient de passer là, juste où vous êtes, qui sort sans doute de chez votre mère et qui doit être maintenant au vestibule?
« — C’est impossible, répondit-elle, il n’y a absolument que ma mère et nous en ce moment dans la maison.
«En effet, aucune étrangère n’était venue et la recherche que nous fîmes immédiatement n’aboutit à aucun résultat.
«Il était alors huit heures moins dix minutes. Le lendemain matin un télégramme nous annonçait la mort subite de ma mère par suite d’une maladie de cœur, précisément à la même heure. Elle était alors dans la rue et vêtue exactement comme l’inconnue qui était passée devant moi.»
Tel est le récit de l’observateur. L’enquête faite par la Société des Recherches psychiques a démontré l’absolue authenticité et la concordance des témoignages. C’est là un fait tout aussi positif qu’une observation météorologique, astronomique, physique ou chimique. Comment l’expliquer? Coïncidence, dira-t-on. Une rigoureuse critique scientifique peut-elle vraiment être satisfaite par ce mot?
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