M. Frédérick Wingfield, habitant Belle-Isle en Terre (Côtes-du-Nord), écrit que le 25 mars 1880, s’étant couché assez tard après avoir lu une partie de la soirée, il rêva que son frère, habitant le comté d’Essex en Angleterre, était auprès de lui, mais qu’au lieu de répondre à une question qu’il lui adressait, celui-ci secoua la tête, se leva de sa chaise et s’en alla. L’impression avait été si vive que le narrateur s’élança, à moitié endormi, hors de son lit, et se réveilla au moment où il mettait le pied sur la descente de lit et appelait son frère. Trois jours après, il recevait la nouvelle que son frère venait d’être tué, d’une chute de cheval, le même jour, 25 mars 1880, dans la soirée (à huit heures et demie), quelques heures avant le rêve qui vient d’être rapporté.
Une enquête a démontré que la date de cette mort est exacte et que l’auteur de ce récit avait écrit son rêve sur un agenda à la date même de l’événement, et non après coup.
Autre cas encore:
«M. S... et M. L..., employés tous les deux dans une administration, étaient depuis huit ans en intimes relations d’amitié. Le lundi 19 mars 1883, L..., en allant à son bureau, eut une indigestion; alors il entra dans une pharmacie où on lui donna un médicament. Le jeudi suivant, il n’était pas mieux; le samedi de cette même semaine, il était encore absent du bureau.
Le samedi soir, 24 mars, S... était chez lui, ayant mal à la tête; il dit à sa femme qu’il avait trop chaud, ce qui ne lui était pas arrivé depuis deux mois; puis, après avoir fait cette remarque, il se coucha, et une minute après, il vit son ami L... debout devant lui, vêtu de ses vêtements habituels. S... nota même ce détail de l’habillement de L... que son chapeau avait un crêpe noir, que son pardessus n’était pas boutonné et qu’il tenait une canne à la main. L... regarda fixement S... et passa. S... alors se rappela la phrase qui est dans le livre de Job: «Un esprit passa devant ma face, et le poil de ma chair se hérissa.» A ce moment, il sentit un frisson lui parcourir le corps et ses cheveux se hérissèrent. Alors il demanda à sa femme: «Quelle heure est-il?» Celle-ci lui répondit: «Neuf heures moins douze minutes». Il lui dit: «Si je vous le demande, c’est parce que L... est mort: je viens de le voir». Elle essaya de lui persuader que c’était une pure illusion; mais il assura de la façon la plus formelle qu’aucun raisonnement ne pourrait le faire changer d opinion.»
Tel est le récit fait par M. S.... Il n’apprit la mort de son ami L... que le lendemain dimanche, à trois heures de l’après-midi.
L... était effectivement mort le samedi soir, vers neuf heures moins dix minutes.
On peut rapprocher de cette relation l’événement historique rapporté par Agrippa d’Aubigné au moment de la mort du cardinal de Lorraine: