Le 19 juillet 1759, revenant d’un voyage en Angleterre, ce philosophe prit terre à Gottenbourg et alla dîner chez un certain William Costel, où la société était nombreuse. «Le soir à six heures, M. de Swedenborg, qui était sorti, rentra au salon, pâle et consterné, et dit qu’à l’instant même un incendie venait d’éclater à Stockholm, au Südermoln, dans la rue qu’il habitait, et que le feu s’étendait avec violence vers sa maison. Il sortit de nouveau, et revint, se lamentant que la maison d’un de ses amis venait d’être réduite en cendres et que la sienne courait le plus grand danger. A huit heures, après une nouvelle sortie, il dit avec joie: «Grâce à Dieu, l’incendie s’est éteint à la troisième porte qui précède la mienne.»

«La nouvelle s’en répandit dans toute la ville, qui s’en émut d’autant plus que le gouverneur y avait porté attention et que beaucoup de personnes étaient en souci de leurs biens ou de leurs amis.... Deux jours après, le courrier royal apporta de Stockholm le rapport sur l’incendie: il n’y avait aucune différence entre ses indications et celles que Swedenborg avait données; l’incendie avait été éteint à huit heures.

Cette relation a été écrite par l’illustre Emmanuel Kant, qui avait voulu faire une enquête sur le fait, et qui ajoute: «Que peut-on alléguer contre l’authenticité de cet événement?»

Or Gottenbourg est à deux cents kilomètres de Stockholm.

Swedenborg était alors dans sa soixante-douzième année.

Voici le second fait.

En 1761, Mme de Marteville, veuve d’un ministre de Hollande à Stockholm, reçoit d’un créancier de son mari la réclamation d’une somme de vingt-cinq mille florins de Hollande (cinquante mille francs), qu’elle savait avoir été payée par son mari, et dont le nouveau payement la mettait dans le plus grand embarras, la ruinait presque. Il lui était impossible de retrouver la quittance.

Elle va rendre visite à Swedenborg, et, huit jours après, elle voit en songe son mari qui lui indique le meuble où se trouve la quittance avec une épingle à cheveux garnie de vingt diamants, qu’elle croyait perdue aussi. «C’était à deux heures du matin. Pleine de joie, elle se lève et trouve le tout à la place indiquée. S’étant recouchée, elle dort jusqu’à neuf heures. Vers onze heures, M. de Swedenborg se fait annoncer. Avant d’avoir rien appris de ce qui était arrivé, il raconta que dans la nuit précédente il avait vu l’esprit de M. de Marteville qui lui avait déclaré qu’il se rendait auprès de sa veuve.»

Voici le troisième fait.