— Je prendrai ma cognée.

Alors il haussa doucement les épaules.

— Eh bien, va, dit-il. On n’arrête pas la vie.

J’appelai Iule : elle avait mis l’enfant sur la mousse et cueillait des mûres dans le roncier, car encore une fois on touchait à la fin de l’été. Et quand elle fut venue, je lui dis :

— Voilà ; on n’arrête pas la vie. J’irai jusqu’à la mer, là-bas. Si tu préfères demeurer ici avec le petit, tu le peux.

Elle fut sous ses crins jaunes comme un son ardent. Et elle criait :

— Je ne te laisserai pas partir seul. J’irai avec toi, portant l’enfant. Tu ne feras pas un pas que je n’en fasse un autre auprès de toi.

M’étant tourné vers le vieillard, je le vis penché vers la terre et triant les semences qu’il avait récoltées. Avec son front calme et ses yeux clairs, il avait l’air d’un sage qui se retire des actions humaines. Mon cœur mollit, je lui mis la main sur l’épaule et lui dis tristement :

— Tu resteras donc seul dans la forêt ?

Il me répondit tranquillement :