— Pourquoi alors ne nous appris-tu pas à craindre la vie ?

Il souffla sur mon front et dit :

— Ouvre les yeux et tu comprendras.

Avec une grande secousse au fond de mes os, je le regardai.

— Père, est-ce que le temps serait venu ?

Une grande lumière était sur moi et j’avais le cœur mou d’un homme qui a été frappé sur le chemin. Il me tint un peu de temps serré entre ses bras, d’une pression paternelle, et lui-même ne pouvait plus parler. Et enfin sa barbe remua :

— C’est à cause de l’enfant, fit-il.

Un enfant ! un petit enfant ! Le petit enfant de Iule ! Toute ma vie fut morte, passa dans un cri d’agonie délicieuse. Nous pleurions tous les deux. Et puis, tenant dans mes mains le poids lourd de mon cœur, je retraversai la forêt en courant.

Je criais de loin :

— Iule ! Iule !