—Voyez un peu si j’avais été auprès de vous: nous aurions fané chacun notre part du champ. Cela m’aurait rendu content.

Il fixait sur elle des yeux ronds, éblouis. Et c’était drôle, voilà que tout à coup elle pensait aux boules de verre du renard.

—Eh bien! dit-elle, il y a là un râteau. Nous nous y mettrons à deux quand le jour sera un peu moins chaud.

M. Fauche fit jouer la barrière et ensemble ils allaient à petites fois très doucement, comme s’ils avaient peur de marcher sur leur ombre à leurs pieds. Et puis ils s’assirent sous le pommier. Jean Fauche était bien heureux d’avoir été visiter son tabac, ce jour-là.

Il avait laissé éteindre sa pipe, il ne songeait plus à en rallumer une autre. Son cœur comme un gros pois levait dans sa poitrine: on voyait trembler un bouton qui ne tenait plus que par un fil à son gilet.

Enfin il dit:

—Je resterais comme cela des jours à vous regarder, c’est une si bonne chose!

Jamais il n’en avait dit autant. Et Noémie un peu de temps ferma les yeux.

XXIV

Quand Noémie était ici ou là, on pouvait être sûr que Jean Fauche n’était jamais loin. Personne ne l’avait averti et cependant, au bout de quelques instants, elle le voyait arriver avec son air un peu gauche de bon géant. Il avait une singulière manière ensuite d’être étonné, levait haut les sourcils, disait: