Elle répondit très bas :
— Quand tu seras parvenu au dernier échelon, cher Izolin, une petite distance seule nous séparera. Je mettrai mes baisers au bout de mes mains, et, tendant les tiennes, tu les recueilleras.
Il monta vingt échelons et ensuite il n’y en eut plus que trois ; et il demeurait les mains contre le mur, allongé de tout son corps, comme un espalier.
— O Claribelle ! dit-il d’un souffle, jamais je ne pourrai si tu ne noues ensemble les draps de ton lit et ne les laisses descendre vers moi.
— Hélas ! Izolin, il n’y a pas de draps à mon lit !
— Belle ! ô belle ! si tu n’a pas de draps à ton lit, défais les rideaux et laisse-les couler jusqu’à moi.
— Il n’y a pas de rideaux non plus, Izolin. La chambre est toute nue et je n’ai que mes bras.
— Eh bien ! tends-les moi.
Elle se pencha autant qu’elle put et tendit les bras, mais à peine leurs doigts parvenaient à se toucher. Alors, elle les mouilla à la salive de ses baisers, et il en essuyait avec ses lèvres la fraîche odeur.
— Prends… Encore… encore… tant qu’il me restera un peu de salive dans la gorge.