Elle protesta.
— Il y a beaucoup de légende !… je n’étais ni pire, ni meilleure que bien d’autres gamines… La seule différence, c’est que, tout en étant souvent menteuse, je suis aussi parfois très franche… Je ne dissimule guère, parce que l’opinion des autres m’est indifférente. Je mens quand j’en ai besoin, pour obtenir ce que je veux, ou faire ce qu’on me défend, autrement je ne me donne pas la peine de jouer la comédie… Alors, on m’a fait une réputation fantaisiste.
— Cependant vous avouez qu’un mari aurait tort d’avoir confiance en vous.
Elle agita la main d’un air irrité.
— Vous m’ennuyez ! Vous ne comprenez pas un mot de ce que je veux dire !… J’entends qu’un mari serait stupide et injuste d’exiger de moi des qualités — si ce sont toutefois des qualités — de calme, d’ordre, d’incombustibilité qu’il m’est impossible de posséder… Le mari de Cady est un brave homme naïf de supposer que Cady peut lui être fidèle… Ce serait une brute de lui faire un crime de ses inconséquences, s’il les découvrait.
— En résumé, vous estimez qu’il n’a pas le droit de se fâcher de son sort, et vous êtes certaine d’être toujours pardonnée, quoi que vous fassiez ?
Elle le regarda narquoisement.
— Si vous croyez que je réfléchis à tout cela un quart d’heure par semaine !…
IX
Cady s’arrêta dans son récit, la mine futée et gourmande.