Il lui parut soucieux et sombre. Elle s’inquiéta, imaginant mille incidents : il avait peut-être questionné les domestiques, appris les sorties inusitées de la jeune femme ; peut-être même l’avait-il suivie à son insu.
Toutes ces suppositions et mille autres tourbillonnaient dans son esprit. D’ailleurs, il n’était pas dans son caractère de longtemps supporter un doute. Elle fonça résolument sur le danger supposé.
— Qu’as-tu ? Pourquoi fais-tu une aussi sale tête ?
Renaudin porta la main à son crâne et dit avec effort :
— J’ai tellement mal !… Je crois bien que j’ai attrapé la grippe !
Un allégement divin se répandit en Cady. Elle se retint pour ne pas sauter de joie, battre des mains, se livrer à mille démonstrations incongrues.
Se pinçant les lèvres pour ne pas rire, éteignant l’éclat de ses yeux espiègles, elle murmura avec onction :
— Oh ! comme c’est ennuyeux !… Qu’est-ce que je peux faire pour te guérir ?… Veux-tu du thé, de la tisane, de l’ouate, des cataplasmes ?…
Il ne put réprimer un sourire.
— Rien du tout… Je vais simplement rester à la maison aujourd’hui… Car j’ai une telle courbature que je ne puis pas me tenir debout… Demain, j’espère que ce sera fini.