— Non, pas lâche, mais…

Il dit doucement :

— Si, je suis lâche… Que veux-tu, ce n’est pas ma faute… Jusqu’à seize ans, j’ai été tant battu !…

XIV

Des jours avaient passé ; ils se retrouvaient fréquemment. A ce moment, il était l’heure de se séparer. Georges était déjà rhabillé, mais il s’attardait, sans courage pour partir, grave, les yeux attachés sur Cady, assise au bord du lit, les cheveux défaits, mettant ses bas avec distraction et nonchalance.

— Cady, pourquoi m’aimes-tu ? fit-il, soudain.

Elle leva la tête et le considéra, pénétrée par l’angoisse indicible de cette question qu’elle comprenait bien n’être point banale, verbiage quelconque d’amoureux.

Sans répondre, réfléchissant, elle se dressa, glissa ses pieds dans les souliers découverts qu’elle mettait pour ses visites à l’appartement clandestin, par paresse de boutonner elle-même des bottines ou de lacer des souliers.

— Pourquoi je t’aime ? répéta-t-elle enfin, lentement. Tu pourrais aussi bien me demander pourquoi je vis… Sûrement, il y a des raisons, mais elles sont si loin, si emmêlées…

Les mains dans les poches de son pantalon, il hocha la tête.