Il hésita, s’interrogea.
— Eh bien, non… il me semble pour que ça soit tout à fait bien qu’il aurait fallu aussi auprès de moi une femme âgée, très douce, très respectable, que je saurais m’aimer infiniment… qui s’occuperait de moi, qui penserait à moi… qui serait contente de m’aimer même si elle savait que je l’aimerais moins qu’elle ne m’aimerait, elle…
XVIII
— Cady, tu me trouves très voyou, n’est-ce pas ?
— Oui et non. Il y a un mélange en toi. On voit que tu as fréquenté tous les mondes.
— Ah ! pour sûr ! Je te choque, avoue-le ?
— Non… Tu m’étonnes quelquefois, voilà tout… et puis, ce qu’il y a de bon en toi, c’est que tu es souvent un peu vulgaire dans les mots que tu emploies, mais jamais dans tes façons. Sûrement, les gens qui se dénomment vertueux diraient que tu as des manières cyniques, sans pudeur… Moi, je ne trouve pas, parce que tu n’es jamais grossier, ni indélicat, ni maladroit. Il y a des hommes très honnêtes, très bien élevés… Eh bien ! on sent quand même que dans l’intimité, ils doivent être révoltants…
Il fit un geste.
— Ah ! tu parles s’il y en a à vomir !… Et le malheur, c’est qu’on ne s’en doute pas soi-même. Alors, on ne peut guère se changer.
— C’est comme ceux qui ne savent ni marcher ni s’asseoir, ni sortir, ni entrer, qui sont gauches en tout ce qu’ils font ; c’est une affaire de tact, d’intuition, d’équilibre…