— Puisque tu vas te défaire tout à l’heure…
Elle riposta avec impatience et dureté :
— Précisément, je déteste avoir les cheveux emmêlés pour la nuit.
Et, pinçant les lèvres comme avec une volonté inébranlable de mutisme, fermant les yeux ainsi que pour mieux s’isoler, elle se rejeta au fond de la voiture, dans le coin opposé à celui de son mari.
Celui-ci hésita. Demanderait-il une explication de cette bouderie, ou plutôt de cette espèce d’éloignement irrité qu’elle lui montrait pour la première fois depuis leur union ?
Il allait parler ; puis les reproches s’éteignirent sur ses lèvres. A quoi bon ?… Elle s’énerverait davantage. Ce serait peut-être la pénible querelle, qui laisse derrière soi de tristes souvenirs. Après tout, rien d’étonnant à ce qu’elle fût agacée. Déjà elle avait été fatiguée, souffrante, dans l’après-midi. Une bonne nuit de repos aurait sans doute raison de son indisposition et de sa mauvaise humeur.
Et, pour ne point contrarier davantage sa chère capricieuse, le tendre mari, sans attendre qu’elle le lui demandât, la laissa seule dans la chambre conjugale, et se retira dans le cabinet où un lit était aménagé pour lui.
VI
Fait inattendu, Cady avait ressenti une vive irritation de la discrétion de son mari.
Certes, s’il n’eût pris les devants, elle l’eût relégué là-bas ; mais, en s’esquivant, il la privait d’une heure d’agréable distraction, pendant laquelle, fouillant à pleines griffes dans la chair de sa victime, elle aurait détendu ses nerfs.