—C'est vrai qu'il vous donne cent francs?

Le chauffeur sourit et inclina la tête.

—Pour sûr, et un déjeuner au champagne... C'est un ancien négociant en vins, et ce qu'il en a, du liquide soigné, dans ses caves!...

—Il s'appelle comment?

—Ma foi, je n'en sais rien, c'est pas ça qui me tracasse.

Georges reprit:

—Tu verras ses magnes, c'est rien tordant!... Quand l'auto stoppe devant son perron, y se précipite, le crâne à nu, y se courbe, avec des bras arrondis. «Madame la baronne, qu'il dit, je suis confus de l'honneur que vous me faites en venant me voir.» Tu sais, à toutes les fois, c'est la même comédie, les mêmes mots... Et puis, il faut que Paulette fasse sa pimbêche, le nez relevé, et qu'elle le rudoie, qu'elle le traite de vieux clampin qui n'est pas capable de se déranger, et qu'elle est trop bonne de venir trouver dans son sale trou... Et toujours qu'il se confond en excuses... Et puis alors, ils entrent dans la maison et on ne voit plus ce qu'ils font, mais paraît que c'est à l'instar... Ça a fait bien rire Paulette au commencement... Maintenant, ça la barbe, parce que c'est toujours la même chose. Seulement, tu comprends, elle est contente de palper les deux cents francs... et pendant les minutes où elle se rase, elle tâche de ne penser qu'à la galette.

Cady déclara:

—Deux cents francs, cela vaut de s'embêter un peu.

—Oui, mais tu sais, c'est pas toujours commode de lui causer, à ce vieux, il est vétilleux!... Un jour que Paulette lui a dit «M...» il s'a foutu dans une colère!...