—Ah! je ne sais pas!... Bientôt.
Et, elle reprit vivement:
—N'allez pas en parler à votre père. Je ne suis pas censée le savoir.
Cady fronça les sourcils, froissée à vif par un enchaînement de pensées. D'ailleurs, ce malaise s'effaça vite. Elle questionna:
—C'est vous qui lui avez demandé ce piano pour moi?
—C'est-à-dire que, je ne sais à propos de quoi, j'ai dit à votre père combien vous aviez du talent pour votre âge, et quel chagrin c'était pour vous de ne pouvoir travailler que chez votre professeur, puisque votre maman ne vous permet pas de jouer sur le piano du salon. Alors, comme probablement il était très content à ce moment-là, il s'est écrié: «Eh bien! je vais lui en payer un, à ma petite fille, elle l'aura chez elle, et tapera dessus à sa fantaisie!»
Jetant alors les yeux sur la physionomie ambiguë de Cady, l'institutrice ajouta, d'un accent dépité:
—Vous pourriez me dire merci!
La fillette tressaillit et prononça du bout des lèvres!
—Je vous remercie.