—Non, non! rien par cœur, je joue toujours avec la musique! dit Cady précipitamment.

Mme Darquet intervint encore, avec mécontentement:

—Voilà qui est absurde!... Je dirai à Mlle Lavernière qu'elle veille à ce que tu exécutes tous tes morceaux de mémoire... C'est indispensable. Te vois-tu, plus tard, dans le monde, apportant ta musique, comme une artiste, ou alors incapable de jouer!... A quoi bon travailler, si l'on ne peut pas se produire?...

La tête basse, Cady retenait les paroles passionnées qui faisaient frémir ses lèvres.

Jouer, mon Dieu?... Mais l'on jouait d'abord et surtout pour soi!...

Cependant, comme M. Darquet faisait mine de se fâcher, elle rassembla tout son courage et courut au casier de musique, avec le rappel de certain cahier...

Elle annonça, un peu rassérénée, plaçant le volume sur le pupitre:

—Papa, si tu veux, je te jouerai une Romance sans paroles, de Mendelssohn?

Maurice Deber, qui écoutait en buvant son café, sourit:

—Rien que cela, miss Cady!... Vous avez de l'ambition!...