—Mais non, madame, elle s'est sentie si souffrante qu'elle a dû rentrer chez elle... Elle est partie, il y a une heure.
Mme Garnier hocha la tête avec souci.
—Bien, nous compterons tout à l'heure, Pauline.
Et, la femme de chambre éclipsée, elle reprit:
—Voilà ce que j'ai à vous proposer si vous vous décidez à quitter votre place ou si vous êtes forcée de l'abandonner... Nous avons besoin ici d'une gérante assidue, qui ne paraisse point pour la clientèle, qui, en général, préfère n'avoir affaire qu'aux bonnes, mais qui, néanmoins, soit partout, ait l'œil à tout, et tienne la main sévèrement aussi bien au coulage qu'à la bonne tenue de la maison. Jusqu'à présent, mon associée a suffi, ne se reposant que lorsque je venais, à grand'peine, la suppléer pendant quelques heures... Mais, actuellement, elle est à bout de forces, nous ferons un sacrifice et nous rétribuerons raisonnablement la personne qui nous aidera... Seulement, il faut de la discrétion, du tact, beaucoup de vigilance...
—Et pas de préjugés, acheva Mlle Armande d'un ton indéfinissable.
Mme Garnier fixa froidement ses yeux gris clair aux paupières fatiguées sur sa collègue.
—C'est pourquoi j'ai pensé que vous pourriez nous convenir et vous plaire avec nous, dit-elle avec tranquillité.
Mlle Armande rougit violemment.
—Tout cela me paraît bien drôle! marmotta-t-elle.